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Carburants : Macron à la manœuvre pour tenter d’apaiser la colère

Après un bref moment de répit, voilà à nouveau Macron dans la tourmente. Pendant quelques semaines, les projecteurs s’étaient détournés des affres du gouvernement, pour se braquer sur les perquisitions de Mélenchon, accordant un sursis à notre Jupiter en faillite. La pause aura été brève cependant. Avec l’annonce de la hausse des prix des carburants a commencé à gonfler une vague de colère dont le gouvernement a du mal aujourd’hui à estimer l’ampleur.

Si de nombreux mouvements politiques tentent de mettre la main sur la mobilisation qui s’organise pour le 17 novembre, le caractère massif de la colère, légitime, qui s’exprime se confirme de jour en jour. « Parce qu’il est difficile d’en appréhender la portée, l’appel des « gilets jaunes » à bloquer les routes de France le 17 novembre inquiète l’Elysée » note Le Monde.

On y apprend aussi que La République en Marche, prenant la mesure de la contestation, a demandé à des envoyés sur place un état des lieux de la situation. D’ores et déjà, dans de nombreuses villes des réunions et rassemblements de plusieurs centaines de personnes se sont tenus en vue de préparer la journée de samedi. Plus de 400 villes devraient être bloquées le 17, d’après cette carte.

Lors de son itinérance mémorielle réalisée à l’occasion du centenaire de la Première Guerre Mondiale, Macron s’est heurté à des invectives au sujet de la hausse des prix des carburants. Alors que le but de ses célébrations d’une semaine était à la fois d’aller à la rencontre « du peuple », l’initiative, une fois encore, a tourné au fiasco. Comme le note le Financial Times « malgré ses tentatives d’adopter solennité et ton martial, la tournée mémorielle de M. Macron a tourné à la débâcle en termes de relations publiques, confirmant sa propension à faire des gaffes tout en suscitant le mépris des classes populaires françaises ». Quand la commémoration patriotique de la grande guerre devait jouer un rôle unificateur et permettre à Macron de s’élever au dessus de la mêlée, elle a tourné au chemin de croix.

Lundi matin a eu lieu à l’Élysée une réunion d’urgence, pour tenter d’apaiser la crise. Les mesures annoncées par le gouvernement sont pourtant loin de répondre au problème réel, posé par la baisse du pouvoir d’achat et la hausse des prix, que subissent de plein fouet des millions de personnes aujourd’hui. A l’issue de la réunion interministérielle qui a eu lieu à Matignon, a été annoncé un plan d’urgence à hauteur de 400 à 500 millions euros, consistant principalement à une extension de la prime de reconversion automobile (c’est-à-dire une prime pour encourager les automobilistes à remplacer leur véhicule par un nouvelle voiture consommant moins), ainsi qu’une potentielle extension du chèque énergie pour les foyers les plus modestes.

Des solutions qui visent à étouffer la gronde montante, mais ne vont en rien améliorer le pouvoir d’achat de millions de travailleurs, alors que dans le même temps, Macron est directement responsable des difficultés financières croissantes de la majorité de la population, par ses politiques de destruction du service public, de réduction des aides sociales et de précarisation croissante du travail.

Comme à son habitude, pour éteindre l’incendie, le gouvernement agite la carotte mais aussi la matraque. Outre les annonces de ces quelques primes, il a déjà menacé lundi matin par l’intermédiaire du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, les manifestants en perspective du 17 : « les manifestation doivent être déclarées et encadrées. Elles ne peuvent pas produire un blocage total ».

Crédit photo : Philippe HUGUEN / AFP




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