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Politique

Licencié par Nissan après de (forts) soupçons de fraude fiscale

Carlos Ghosn : la chute d’un icône du grand patronat français

Le titre des Echos est éloquent : « La chute d'un icône ». Carlos Ghosn a été démis de ses fonctions à la tête de Nissan ce 22 novembre. Toujours à la tête de Renault, le PDG emprisonné au Japon pour fraude peut compter sur le soutien implicite du gouvernement.

Photo : ©TORU YAMANAKA, AFP

C’est une bien mauvaise nouvelle pour Macron, son gouvernement et, plus largement, l’ensemble des libéraux. Présenté comme le sauveur de Nissan, Carlos Ghosn est aujourd’hui en prison au Japon, soupçonné de fraude fiscale. Démis de ses fonctions à la tête du groupe Nissan, Ghosn est aujourd’hui dans l’œil du cyclone.

10 milliards de Yens. Carlos Ghosn n’en avait déclaré que 4,9 milliards

Carlos Ghosn, tellement dans le besoin, a « omis » de déclarer une partie de ses revenus au Japon. Sur 10 milliards de Yens, le désormais ex-patron de Nissan n’en avait déclaré que 4,9 !
Dans le même temps, dans les usines du groupe Renault, les salariés crèvent des conditions de travail et des salaires au rabais, avoisinant les1100€ par mois. Et qui est le précurseur des accords de flexibilité qui imposent le travail obligatoire et non payé pour les journées du samedi … ? Carlos Ghosn !

Le soutien implicite du gouvernement Macron

Alors que le gouvernement Macron n’a aucun élément sur la procédure en cours au Japon, Castaner a commencé l’opération de com’ dans l’hexagone. D’une part, l’Etat ne demandera pas, pour l’heure, son départ à la tête de Renault. D’autre part, tous les arguments sont bons pour défendre le soldat Ghosn : de la présomption d’innocence au « secret industriel », le tout enrobé d’un discours soit disant « protecteur » pour les ouvriers de Renault.
Une politique plus que complaisante à l’égard des patrons-voyous, empêtrés dans des affaires de fraude alors que les ouvriers subissent de plein fouet les différentes mesures austéritaires, jusqu’à tomber dans la précarité. Ou quand le « nouveau monde » de Macron ressemble traits pour traits au prétendu ancien...

Carlos Ghosn viré, n’aura pas besoin de pointer à Pôle emploi

Que le gouvernement se rassure, Carlos Ghosn, qui touche plus en une journée que les ouvriers qu’il exploite en une année, n’aura pas à pointer à Pôle emploi suite à son licenciement de chez Nissan. Bien au contraire, les fraudes pour se payer villa et appartement lui assurent des lendemains paisibles. Une situation qui ne manque pas de scandaliser les ouvriers de chez Renault, eux qui chaque jour produisent les voitures qui ont fait la fortune de Carlos Ghosn.
C’est bien pour cela qu’aujourd’hui plus que jamais, les travailleurs, avec leur méthode d’action que sont la grève et le blocage, doivent s’unir avec les gilets jaunes, et ainsi bousculer, sur le terrain de la lutte de classe, le gouvernement et les patrons-voyous. Et comme disait Raoul Godoy, suite à la reprise par les ouvriers de l’usine Zanon sous contrôle ouvrier, « la société peut vivre sans les patrons, mais les patrons ne pourront jamais se passer des ouvriers » !




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