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Politique

Le vrai visage du FN

Carnet de campagne : le photographe nazi de Marine Le Pen

Le photographe officiel de la campagne de Marine Le Pen est un nazi qui s'assume. Son profil Facebook est surchargé de propos racistes et à la gloire du IIIème Reich. De la part d'un employé de Frédéric Chatillon, ex-leader du GUD et proche de Marine Le Pen, on ne pouvait pas s'attendre à autre chose. Derrière la dédiabolisation apparente du parti, l'extrême-droite la plus radicalisée se tient toujours dans la coulisse.

Un photographe nazi

Laurent L. est le photographe officiel de la campagne de Marine Le Pen. Il assure sa couverture médiatique avec ses clichés, notamment sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, il se fait appeler Alex Vril. Derrière ce pseudonyme, qui fait référence à la Société de Vril, une société secrète ésotérique nazie et pro-Aryen, le photographe de la campagne présidentielle de la candidate frontiste dévoile un visage d’une extrême radicalité, preuve en est que le FN contient en son sein et même au plus proche de son ex-présidente, des éléments clairement fascistes. Parmi les pages les plus appréciées du jeune homme d’une vingtaine d’années, Natiocratie, qui fait la promotion de la beauté Aryenne, de l’identité européenne et des uniformes SS, Un jour un héros, qui propose quotidiennement une biographie d’un des plus grands héros de chaque race, ou encore Ghettoinfini, spécialisé dans les saluts nazis en soirée.

Interrogé par des journalistes du Nouvel Observateur lors de la soirée électorale du 23 avril 2017 à Hénin-Beaumont, il n’a pas démenti que cette page soit bien la sienne. D’ailleurs, nombre de ses collègues, clairement identifiés comme appartenant à l’extrême-droite, partagent les mêmes pages que lui et ils apparaissent ensemble sur des photos. Le staff de campagne de Marine Le Pen, notamment l’équipe chargée de la communication numérique, est donc clairement entre les mains d’un groupe réactionnaire et fasciste. Cela s’explique aisément par l’entourage de la candidate à la présidentielle, toujours aussi imprégné d’éléments extrémistes qu’à l’époque de son père.

La GUD connexion

Le maître d’œuvre de cette campagne n’est autre que Frédéric Chatillon. Ce proche de Marine Le Pen depuis ses années d’étude et ex-leader du GUD, syndicat étudiant nationaliste et xénophobe, est le principal prestataire de service du FN dans cette campagne. Il est mis en examen dans l’affaire de détournement de fond qui touche le FN et dont il serait l’architecte. Il est actuellement, depuis le 2 novembre, en charge de mission dans la campagne de Marine Le Pen.

Mis en examen avec sa société Riwal et à ce titre interdit de relations commerciales avec le Front national, Frédéric Chatillon ne s’embête pas pour contourner la loi, tout comme Marine Le Pen. Il a créé en 2014, e-Politic, une société spécialisée en communication et qui lui sert de nouvelle structure pour continuer ses rapports avec le FN. À la tête de cette entreprise, on retrouve également, Paul-Alexandre Martin, ancien membre de la direction nationale du FNJ.

Tout ce petit monde se connaît de longue date et partage un penchant pour l’antisémitisme et la nazisme comme le montrent des likes sur des pages appréciées par Alex Vril. Cette proximité avec des personnes appartenant aux franges les plus radicalisées de l’extrême-droite n’est pas sans susciter certaines gênes au sein du parti mais leur implantation semble si bien actée que personne ne remet véritablement en cause leur présence au poste stratégique de la campagne de communication de Marine Le Pen. Quant à cette dernière, elle ne peut pas nier qu’elle soit au courant. Comme l’affirment Marine Turchi et Mathias Destal dans leur livre Marine est au courant de tout, « à l’approche de l’élection présidentielle, les gudards occupent en nombre le QG de campagne de Marine Le Pen, rue du Faubourg-Saint-Honoré ». Elle va même jusqu’à poser en photo avec Estelle Martin, employée de e-Politic.

La galaxie FN et tous les fachos qu’elle charrie n’est pas un souvenir du passé. Elle est encore bien présente dans le parti d’extrême-droite et pas seulement à sa périphérie. La présence d’éléments radicaux dans la campagne de Le Pen et jusque dans son cercle le plus proche montre que derrière toutes les dédiabolisations apparentes, le FN garde l’identité réactionnaire qui a été celle de ses origines et de son fondateur. Néanmoins, s’il faut insister sur les éléments fascisants qui gravitent dans le FN et son giron, notamment à son sommet, sa base électorale, elle reste gagnée par un discours populiste d’extrême-droite réactionnaire. Une base électorale populaire et victime de la crise, sensible au discours faussement social du Front National, qu’il convient de démasquer.




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