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Notre classe

SNCF : Quand la lutte paie .

Carole, militante CGT réintégrée grâce à la mobilisation !

Face à la pression de la mobilisation, la direction fait marche arrière et revient sur une décision de licenciement qu’elle transforme en douze jours de mise à pied.

Seule, mais pas isolée

 
C’est une histoire qui tendrait à se banaliser tant les exemples sont nombreux, non seulement à la SNCF mais également dans toutes les entreprises où la répression syndicale ne se cache plus. Carole, mère isolée, deux enfants, militante CGT, contractuelle (entendez non protégée par le statut cheminot), a vécu l’enfer selon ses propre mots. Cela commence par un différent avec sa hiérarchie, et rapidement son caractère à ne pas se laisser faire lui est reproché. L’escalade de l’acharnement dont elle est victime lui provoque un infarctus. Ce qui n’empêche pas sa direction de lui envoyer une notification de sanction disciplinaire pendant sa convalescence, pouvant aller jusqu’au licenciement. Le jour de la commission, le vote ne permet pas de statuer sur son cas, trois voies pour une mise à pied de douze jours, trois voies pour la licencier. Que cela ne tienne, ce sera la direction nationale qui tranchera, et quand le couperet tombera la décision n’étonnera personne. La direction prévoit de licencier Carole, mais ne mesure pas l’effet d’une telle décision.

La violence de telles méthodes et le caractère essentiellement répressif de la situation sautent aux yeux et un fort sentiment d’injustice se développe chez les collègues qui se rassemblent à plus de 200 cheminots face à la direction régionale SNCF Midi-Pyrénées. Après l’envahissement d’une réunion et l’intervention coordonnée de tous les syndicats, ce sont les cheminots qui ont exprimé leur colère et n’ont pas hésité à interpeller leur hiérarchie, la mettant face à ses responsabilités. Face à un front uni des cheminots, le directeur régional qui pensait pouvoir se cacher derrière une décision nationale, y a vu avec raison la menace d’un mouvement social et a fait marche arrière.

Arrière toute

 
Grâce au soutien de la part d’un grand nombre de cheminot à travers la France, à l’action des syndicats et face à une mobilisation forte et rapide, la commission change, rétropédale et transforme la peine en une mise à pied de douze jours. Recul significatif de la part de la direction de la SNCF qui s’est déjà démarquée pour la violente répression dont elle fait preuve à l’égard des travailleurs. Mais malgré la transformation de la peine et le recul de la direction, pas question de revenir sur le procès qui est fait à Carole. Carole est coupable, Carole doit être sanctionnée.

Même si sa réintégration ne se fera pas facilement, le plus important est là, son exemple doit donner espoir à tous ces cheminots subissant toutes formes de pressions en raison de leurs engagements syndicales, ou par ce qu’ils refusent la violence managériale. L’unité est encore un vecteur puissant à la SNCF, et le rapport de force est le seul message qui les fassent reculer.

Ne soyons pas dupe du calcul qui se cache ici, loin d’avoir compris leurs erreurs ou d’être magnanimes, ils ne voulaient surtout pas se retrouver avec un cadavre de plus sur les bras. On ne peut que déplorer leurs attitudes leur management destructeur, et l’absence de prise en compte des facteurs humains au vu des événements funestes de ce début d’année. A n’en pas douter les hautes instances savent ce qu’il font et mesure amplement les conséquences de leurs actes.




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