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Politique

Europe forteresse

Castaner veut déployer des flics supplémentaires à la frontière franco-espagnole

Depuis quelques mois, la police aux frontières (PAF) a constaté un fort déplacement des flux migratoires de l’Italie vers l’Espagne. En réponse, le ministre de l’intérieur a annoncé un renforcement des effectifs policiers à la frontière et une collaboration plus étroite en matière de politiques anti-migrants avec l’Espagne et le Maroc.

Crédit photo : JORGE GUERRERO / AFP

Comme le révélait ACNUR (l’agence de l’ONU dédiée aux réfugiés), la crise migratoire du début de ce siècle, avec 68 millions de migrants, est la plus importante depuis la IIème Guerre Mondiale. Face à cette crise, où des millions de personnes sont obligées de se déplacer pour fuir la misère économique ou les guerres, produites directement ou indirectement par les principales puissances économiques, les gouvernements des Etats-Unis et de l’Union Européenne répondent par la criminalisation des migrants et la militarisation des frontières.

En témoignent la réponse de Trump face à la caravane des migrants, l’accord de l’Europe avec la Turquie et la Libye pour la mise en place du contrôle militaire des frontières directement en Afrique ou, plus récemment, la loi asile-immigration de l’ancien ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, suivie de la décision de son successeur, Christophe Castaner, de déployer des flics supplémentaires à la frontière franco-espagnole.

En effet, ce lundi, Castaner, suite aux rapports de la PAF et des Nations-Unies montrant que l’Espagne est devenue la voie principale d’accès à l’Europe, a annoncé le renfort d’effectifs policiers dans les Pyrénées Orientales, la nomination d’un coordinateur de sécurité dans la zone, et le renforcement des liens avec l’Espagne et le Maroc en matière de lutte contre l’immigration. Castaner, qui s’est déjà rendu récemment en Espagne et qui a annoncé sa venue jeudi et vendredi au Maroc, résumait ainsi sur BFM-TV l’axe de sa politique anti-immigration : « l’enjeu pour la France est triple : travailler avec les pays d’origine des migrants, travailler avec les pays de transit dont le Maroc, et travailler sur la frontière européenne qu’il faut renforcer ».

Le plan du ministre de l’intérieur n’est pas nouveau, mais s’inscrit dans le cadre de l’offensive réactionnaire de l’ensemble de l’Union Européenne contre le flux des réfugiés : continuer le pillage dans ces pays d’origine, utiliser le Maroc, à l’image de la Libye ou la Turquie, comme une frontière externe militarisée, et pousser l’Espagne ou la Grèce à durcir et à multiplier la répression, la persécution et l’incarcération des migrants.

Macron, qui voudrait se refaire une santé pendant les élections européennes en incarnant le rempart contre la montée de l’extrême droite nationaliste, offre à ceux qui doivent fuir la misère résultant de la spoliation des puissances impérialistes comme la France, le même sort que son homologue italien : le durcissement de la répression et des politiques racistes.




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