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Monde

Premier bilan de la grève du 8 novembre

Catalogne : les comités de Défense de la République ont marqué cette journée de grève

Après une journée intense de barrages routiers, la grève s'est transformée en une grande journée de mobilisation qui a été garantie par les barrages des Comités de Défense de la République. Un succès en dépit du fait que la CCOO et UGT, les principales centrales syndicales du pays, n’y avaient pas appelé.

Photographie n° 1

À Barcelone, la mobilisation s’est dirigée vers le centre ville, où ont convergé tous les CDR, occupant les rues au cri de « Libertat (Liberté) ! Vaga, vaga, vaga general ! (Grève, grève, grève générale), prisonniers politiques Llibertat, ou "Els carrers seran sem nostres » (Les rues toujours nous appartiendrons).

La journée de grève avait commencé avec de multiples barrages routiers et des chemins de fer dans toute la Catalogne. Elle a été convoquée contre la répression suite à l’application de l’article 155 du Régime de 78, pour la liberté des prisonniers politiques et pour la « défense de la République ».
Une soixantaine de points névralgiques ont été bloqués dans toute la Catalogne par des barrages routiers et ferroviaires, après l’organisation de piquets et la mobilisation des Comités pour la Défense de la République (CDR) qui ont réussi à paralyser la ville de Barcelone.

Les CDR ont été la clé pour garantir une journée de grève difficile à assurer, compte tenu du fait que les directions des grands syndicats, CCOO et UGT, ne l’ont pas convoquée et se sont opposés à sa réalisation. Lors de la dernière manifestation, le secrétaire général de l’UGT Catalogne, Camil Ros, a été hué massivement lors de son discours à la Plaza de la Catedral.

Un seul syndicat, l’Intersyndical-CSC, avait convoqué à la grève, il a été soutenu par d’autres syndicats de gauche, tels que l’IAC, l’USTEC, le COS et plusieurs sections et syndicats de la CGT. La menace d’interdiction de la grève s’est maintenue jusqu’à hier à 20h30, heure à laquelle la préfecture a décidé de ne pas appliquer les mesures de précaution que l’ensemble des patrons du syndicat patronal, Foment del Treball, demandaient.

Cependant, depuis 6 heures du matin, les CDR ont commencé à s’organiser dans toute la Catalogne afin de mettre en place les barrages des routes, des rues et des voies stratégiques, pour ainsi bloquer les principaux points d’accès et de sortie. On estime qu’il y a eu des barrages sur plus de 60 tronçons de route : 34 à Barcelone, 10 à Tarragone, 5 à Gérone et 17 à Lleida. Dans certains barrages et dans les chemins de fer les manifestants ont été obligés de dépasser les cordons de la police anti-émeute.

Le mouvement étudiant s’est également mobilisé et a coupé des lignes de chemin de fer comme ce fût le cas à gare de Sants, pour exiger la liberté des prisonniers, contre l’article n° 155 et pour leurs propres revendications quant à une « Université publique gratuite ».

Les barrages ont aussi touché certaines routes limitrophes entre la Catalogne et la France, Andorre, Aragon et la Communauté Valencienne dans le cadre de ce que les CDR ont appelé les « opération frontière ». Les barrages routiers et ferroviaires se sont poursuivis tandis que des milliers de manifestants marchaient jusqu’au centre de Barcelone.

Selon l’Intersyndical-CSC, malgré tous les inconvénients que la grève a du surmonter « dans le domaine de l’enseignement primaire, secondaire et universitaire, il a été constaté un suivi massif d’environ 80%. Dans l’administration publique le suivi a été 40%. À Mercabarna, les ventes de produits frais ont chuté de 80% ».

À la fin de la journée, des centaines de manifestants se rassemblaient encore à la périphérie de la gare de Sants et à Girona, d’où ils ont été délogés par les Mossos d’Esquadra et la police nationale. Le soir, il y avait toujours quelques barrages de route à Puigcerdà et La Seu d’Urgell.

Comme première bilan de cette grande journée de grève, Santiago Lupe, directeur d’Idiario.es et membre du CRT (Courant Révolutionnaire des Travailleurs et Travailleuses) considère que nous avons assisté aujourd’hui à « Une grande journée de lutte dont les protagonistes ont été les Comités de Défense de la République (CDR), la première grande manifestation de ces organisations qui surgissent spontanément dans tous les quartiers. Ces CDR doivent encore se massifier et s’étendre aux centres de travail et centres d’étude, afin de mettre en place un grand mouvement contre l’article 155, pour la liberté des prisonniers politiques, pour la défense de la République et être un cadre d’organisation du débat concernant la République que nous voulons. Nous voulons une République des travailleurs qui donne des solutions à toutes les demandes sociales de la classe ouvrière, des femmes, et des jeunes. Une République des travailleurs et non une République des capitalistes. De cette manière, nous pourrons également gagner à cette cause la solidarité de tous les travailleurs du reste de l’Etat Espagnol  ».

C’est dans ce même esprit que la militante du collectif « Pan y Rosas » et du groupement étudiant « No Pasaran », Martha Clar, a affirmé que la lutte contre l’article 155, pour la liberté des prisonniers politiques et pour la défense de la République doit faire partie intégrante d’une lutte plus vaste pour une « République catalane socialiste. Une République catalane des travailleurs, des femmes et de la jeunesse, dans la perspective d’une Fédération des Républiques Socialistes Ibériques ».




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