Politique

1500 manifestant.e.s contre la loi travail

Ce 14 avril. Forte répression de la jeunesse à Montpellier

Publié le 14 avril 2016

Ce 14 avril à Montpellier, ce sont plus de 1500 lycéen.ne.s et étudiant.e.s qui ont défilé dans les rues contre la loi travail, accompagné.e.s de quelques travailleurs (CGT, Solidaires et Sud Educ) venus leur prêter main forte. Blocage de plusieurs lycées, arrêt de toutes les lignes de tramway pendant plusieurs heures, interruption du trafic automobile sur des voies majeures, fermeture du centre commercial du Polygone et du Monoprix de la Comédie : on peut dire que la mobilisation a été une réussite. Les manifestant.e.s ont cependant dû affronter une répression accrue, confirmant l’escalade de violence policière qu’on observe partout en France.

Dom Thomas

L’organisation des lycéens avait été pensée bien à l’avance : en inter-lycées mardi puis lors de l’assemblée générale étudiante mercredi, le trajet déterminé prévoyait le départ simultané de deux cortèges lycéens, venus du nord et du sud de la ville pour converger sur la place de la Comédie puis rejoindre le cortège étudiant devant la Préfecture. C’était sans compter sur la participation des CRS aux festivités... Si la colère des manifestants s’est exprimée par des incendies de poubelles et la dégradation de quelques abribus, la véritable violence est venue d’en face. Lacrymos et tirs de flashball ont ainsi fusé sur l’Esplanade, où les manifestant.e.s ont dû y faire face pendant au moins une heure. Un lycéen a été blessé à l’épaule par un tir de flashball, et de nombreuses interpellations ont eu lieu.

Le calme revenu, la place a alors été le théâtre de discussions sous le soleil, au chant de slogans contre la loi. Le cortège à l’effectif légèrement réduit a alors fini par se remettre en route pour finir le parcours dans de meilleures conditions, la jeunesse montrant ainsi sa détermination à lutter contre la loi travail malgré la répression acharnée que lui fait subir le gouvernement. Après être descendu vers Plan Cabanes et parcouru le cours Gambetta, la manifestation s’est terminée dans le calme sur la place de la Comédie, face à des rangées de CRS postés pour protéger le centre commercial du Polygone – point névralgique du centre-ville et concentration locale de capital.

Plusieurs centaines de lycéens et d’étudiants se sont alors rendus devant le commissariat central des Rives du Lez pour exiger la libération des camarades arrêtés plus tôt dans la journée. Là aussi, un important dispositif policier les attendait. Désorganisés et dispersés, ne représentant aucun danger si ce n’est pour eux-mêmes, les jeunes ont cependant subi là encore la répression, et d’autres interpellations arbitraires ont eu lieu : les autorités avaient clairement décidé de faire une démonstration de force afin de mettre un terme à cette expression de colère.

Le cortège ne s’est cependant pas laissé impressionner et s’est regroupé pour se remettre en route, en rangs plus serrés, vers le centre-ville, et se disperser en sécurité.

Les événements de cette journée du 14 avril marquent le franchissement de deux caps dans la mobilisation localement. Le premier, c’est la participation massive des lycéens, qui montre qu’une force est en train de se lever, malgré l’approche des vacances et des épreuves du bac : il va falloir savoir exploiter cette force pour que la mobilisation se poursuive. Le second, et qui va de pair, c’est le renforcement de l’encadrement policier et l’accroissement des violences policières, qui s’exercent notamment à l’encontre des jeunes. Raison de plus pour que les travailleurs et leurs organisations syndicales ne laissent pas la jeunesse seule dans la rue !