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Politique

Comme un « tremplin »

Ce 19 octobre : Manifester, tisser des liens, pour construire un large mouvement contre Macron

Ce 19 octobre, à l’appel de la CGT et Solidaires, se tiendra une nouvelle journée de grève et de manifestation contre Macron et sa loi Travail. Dans la continuité de l’aspiration à la convergence qu’a illustrée la mobilisation du 10 octobre, il s’agira de manifester ce 19 octobre, en dépit du refus des directions syndicales à construire un plan de bataille, pour continuer à tisser des liens entre les différents secteurs et de regrouper les militants combatifs quelles que soient les étiquettes syndicales.

Plus que jamais, Macron est identifié comme le président des riches, voir même des hyper-riches. La réforme de l’ISF, la loi Travail, les APL ou encore les emplois aidés, les attaques pleuvent contre le monde du travail et la jeunesse. Face à Macron et à sa politique au service du MEDEF, le mouvement social naissant a permis de réaffirmer que Macron ne s’en tirera pas à bon compte. Plus encore, la mobilisation bénéficie de l’appui de deux tiers de la population, soit 7 points de plus qu’en août dernier, lors du dernier discours d’Edouard Philippe.

Dans le sillage du 12 et du 21 septembre, la mobilisation réussie du 10 octobre a illustré une nouvelle fois la détermination des manifestants à défaire Macron et son monde. Une manifestation qui, malgré l’absence d’un appel à se joindre au mouvement des fonctionnaires de la part des directions confédérales, laissant le seul secteur publique appelé à la grève, a illustré une pression claire à la convergence public-privé, ainsi que la nécessité d’une mobilisation interprofessionnelle en poussant à aller par-delà les différentes étiquettes syndicales.

Dans ce contexte, Macron compte bien mettre un terme à la mobilisation contre la loi Travail en ouvrant d’ores et déjà des « négociations » sur la casse du régime chômage. Pourtant, si cela était nécessaire, les dernières déclarations de Pierre Gattaz qui compte « contrôler quotidiennement » les « profiteurs » en disent long sur la façon dont Macron compte mener cette « réforme ». Pour cela, l’exécutif compte une nouvelle fois sur la méthode de la « concertation » avec les directions syndicales pour mettre son plan en action et désarmer le monde du travail.

Ce 19 octobre doit permettre de réaffirmer et d’exiger des directions syndicales le boycott sans condition des « concertations » avec l’exécutif qui sont au cœur du « dialogue social » nouvelle mouture. Plus particulièrement, lors de cette manifestation appelée par la CGT et Solidaires, il s’agit d’interpeller aussi bien Philippe Martinez, le leader de la CGT, que désormais Eric Beynel, co-délégué général de Solidaires, pour qu’il quitte immédiatement la table des « négociations » avec celui qui a démontré une énième fois qu’il veut notre peau. Les déclarations de principes ne suffisent plus.

La dernière séquence entre le 21 septembre et le 9 octobre a démontré que les directions syndicales ne sont pas prêtes à proposer un plan de bataille commun et sérieux. A la sortie de l’intersyndicale du 9 octobre, aucune date n’a été appelée. Une nouvelle rencontre pour « discuter » a été définie le 24 octobre. Plus encore, l’Union Départementale des Bouches du Rhône a affirmé dans un communiqué que le « contenu revendicatif » de l’« éventuelle date mi-novembre » sera probablement « en adéquation avec l’absence de volonté de pratiquement toutes les Organisations Syndicales ».

En ce sens, tout en ayant conscience que cette seule journée ne suffira pas à elle seule à faire reculer Macron, il s’agit de s’approprier cette nouvelle journée de grève et de manifestation afin de regrouper les différents secteurs et de tisser des liens entre militant combatifs, du publique au privé, par-delà les étiquettes syndicales. Des étiquettes que les directions syndicales semblent vouloir maintenir au travers leur politique d’autant plus qu’ils sont pressé à l’unité à la base. Pour œuvrer, en ce sens, l’idée de l’UD 13 d’un plan de bataille clair « construits par les organisations de la CGT », et la demande à « la direction confédérale de réunir, avant le 24 octobre, les organisations du CCN » pourrait être un appui.

Plus encore, partout où cela sera possible ce 19 octobre, s’organiser dans les Assemblées Interprofessionnelles, discuter d’un plan de bataille, et d’un mouvement ancré dans la durée, c’est la seule façon d’exiger des directions nationales un véritable plan de bataille, radicalement distinct des journées d’action en saute-mouton ou des marches du week-end, avec les armes qui sont les nôtres : la grève, les piquets, les manifestations. En ce sens, nous appuyons la nécessité exprimée par l’UD 13 de « préparer le 19 octobre afin qu’il serve de "tremplin" » à la « journée de novembre ». Il s’agit de manifester pour construire le "tous ensemble" necessaire pour défaire Macron.




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