^

Politique

Migrants

Cédric Herrou en procès pour un post facebook

Cédric Herou militant près de la frontière de italienne dans l'association Roya Citoyenne, et symbole de l'aide aux migrant.e.s est passé au tribunal correctionnel de Nice lundi 22 octobre . Loin d'en être à sa première convocation il est victime d'un acharnement judiciaire qui a débuté en 2016.

Cette fois-ci c’est un post facebook qui lui a valu un procès. Ce post a été écrit en réaction à la journée du 12 juin 2017 où Cédric Herrou à travers son association se préparait à accompagner 92 migrant.e.s depuis la gare de Breil-sur-Roya jusqu’à Nice où ils devaient se rendre à la plateforme d’accueil pour demandeurs d’asile. Mais à peine arrivés en gare ils ont dû faire face à la police ferroviaire et à la gendarmerie mobile qui leurs a interdit l’accès au train. Et sans une prise en charge des transports, sans une autorisation d’emprunter les trains c’est trois jours de marche dans les montagnes qui attendent les migrant.e.s, trois jours de marche pour aller demander l’asile. En réaction Cédric Herrou a posté le message suivant « Peut-être le préfet des Alpes-Maritimes pourrait-il s’inspirer des accords avec la SNCF pendant la 2e guerre pour le transport des juifs pour gérer le transport des demandes d’asile… Bref » Le préfet des Alpes-maritimes a réagi en portant plainte contre lui.

Un procès « pour l’honneur des policiers et des gendarmes »

Le préfet Georges-François Leclerc qui a intenté le procès a déclaré à travers son avocat son « respect pour ceux qui s’interrogent sur la politique migratoire dès lors qu’il n’y a pas d’invectives » ajoutant qu’il « n’admettrait jamais les outrances et la calomnie ». Ces déclarations qui attaquent sur des questions de forme et de manière de parler font comme si le problème était dans la manière d’exprimer le problème et non dans la situation elle-même. C’est une manière de dissimuler et de faire oublier que la question migratoire est une question politique, qu’aujourd’hui « s’interroger sur la politique migratoire » ou lutter contre les mesures anti-migrants extrêmement violentes mènent à des arrestations ou à une répression judiciaire dont Cédric Herrou fait les frais.

Le prefet a ajouté "Si j’ai déposé plainte c’est pour l’honneur des policiers et des gendarmes et pour la mémoire des victimes de la Shoah car il est des assimilations insupportables". Cependant Cedric Herrou, loin de s’en prendre aux victimes de la Shoah ou d’intenter à leur mémoire comme Leclerc le laisse croire ici il remet en question le rôle des policiers et des gendarmes. Non pas en intentant à un prétendu honneur des policiers et des gendarmes mais en remettant en cause leur rôle comme force de répression, comme bras armé d’un système répressif et nationaliste qui refuse l’entrée aux migrants sur le territoire français.

Un acharnement judiciaire

Ce procès contre Cédric Herrou est extrêmement politique, il est l’incarnation d’une politique anti-migrants qui traverse le quinquennat de Macron, avec entre autre le démantèlement de la jungle de Calais ou la Loi Asile et immigration. La répression des militants qui soutiennent les migrants est une autre facette de cette politique réactionnaire : Cédric Herrou a été arrêté dix fois depuis 2016 et il n’en est pas à son premier procès. Au procès où il risque jusqu’à 12 000 euros d’amende pour injure publique étaient présents plusieurs hommes politiques locaux « en soutien » au préfet, ce dernier a également reçu le soutien de Christian Estrosi dont la ligne réactionnaire est totalement assumée. Face à cette justice qui s’en prend aux militants, aux syndicalistes et aux habitants de s quartiers populaire, il est nécessaire de réaffirmer notre soutien à Cédric Herrou.

Crédits photos : Photo Frantz Bouton




Mots-clés

Réfugiés   /    Politique