Politique

Le vrai visage de l’impérialisme français

Centrafrique. Fin de la mission Sangaris, mais l’interventionnisme militaire et néocolonial continue

Publié le 31 octobre 2016

Officiellement, la mission Sangaris, menée par l’armée française en Centrafrique depuis fin 2013, vient de prendre fin, en ce lundi 31 octobre. Mais le départ de l’armée française et de l’impérialisme français est loin d’être une réalité. L’heure du bilan a sonné, pour l’impérialisme français comme pour ceux qui luttent contre l’intervention des grandes puissances dans les pays « périphériques  ».

A. Bronstein

Faut-il rappeler que la République Centrafricaine est une ancienne colonie française et que ce pays a été le théâtre d’affrontements violents constants depuis lors.En dépit de ce que veut faire croire le gouvernement, l’intervention française en RCA, par le biais de la mission Sangaris, était avant tout un moyen de conserver le pré carré africain pour les capitalistes hexagonaux. Areva, Bolloré, Air France, Total, France Télécom… Autant d’entreprises françaises qui ont – ou ont eu – d’énormes intérêts financiers en Centrafrique, y investissant des millions d’euros. La France a notamment d’importants intérêts stratégiques à préserver ses investissements dans le secteur minier de ce pays, pillé sans vergogne par les impérialistes.

Une volonté de paix et un humanisme de façade, donc, que Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, affiche avec fierté. Les soldats français déployés dans le cadre de la mission Sangaris ont pourtant violé plusieurs dizaines de mineurs dans des camps de réfugiés. Faits avérés que l’ONU et le gouvernement français ont tôt fait d’oublier – et de faire oublier, notamment en blanchissant les coupables – à l’heure où l’interventionnisme français est de plus en plus critiqué, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières de l’hexagone.

Alors que Hollande mène une guerre par an, que la lutte contre le terrorisme est prétexte à massacrer des milliers d’innocents au Moyen-Orient et à opérer un tournant sécuritaire en France, on a la joie d’entendre Jean-Yves le Drian déclarer que les soldats déployés dans le cadre de l’opération Sangaris avaient rempli leurs trois missions : « mettre fin au chaos, accompagner la montée en puissance des forces internationales et permettre la tenue d’élections démocratiques ». Comprendre : permettre aux gros groupes capitalistes français de se maintenir dans la région, avoir évité de trop gros scandales en étouffant les sordides affaires de viols et pérenniser un système dans lequel les pays tels que la RCA sont entièrement dépendants des pays impérialistes, tant économiquement que militairement.

Le pays est d’ailleurs toujours ravagé par la violence, 25 personnes ayant été tuées vendredi dernier aux alentours de Bambari, preuve supplémentaire s’il en faut que les 45 dernières années d’opérations militaires françaises en Centrafrique n’ont en rien apaisé les tensions. Intervention française qui n’est pourtant pas près de voir un terme puisque le ministre de la Défense a également annoncé que 350 militaires français resteront présents. « Ce n’est pas parce que l’opération Sangaris s’achève que la France abandonne la Centrafrique » a-t-il déclaré. Évidemment…

Aucun armistice n’est possible… avec le gouvernement français qui mène et a toujours mené une politique guerrière, dans le seul intérêt des capitalistes. Réaffirmons notre opposition à l’interventionnisme militaire français qui pille, tue et viole, créant des conditions de misère qui sont un terreau fertile à des forces réactionnaires telles que Daesh, et qui refuse ensuite d’accueillir celles et ceux qui fuient la guerre et la misère qu’ils ont eux-mêmes mis en place. Le slogan « Vos guerres, nos morts » est toujours aussi brûlant d’actualité.