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Société

Violences policières

Ces Gilets Jaunes gravement blessés par la police, dont les médias ne parlent pas

Alors que les médias titrent à l'unisson sur un policier gravement blessé à l’œil sur les Champs-Elysées, les blessés graves dans les rangs des gilets jaunes, victimes de tirs de flashballs ou autres violences policières pour le seul fait d'avoir manifesté leur colère, font bien moins parler d'eux. Et pourtant...

Nous publiions ce lundi des témoignages attestant qu’un manifestant avait perdu sa main dans l’explosion d’une grenade de la police, information qui a mis deux jours à sortir dans les médias, alors même qu’elle avait été signalée par de nombreux témoins sur les réseaux sociaux.

En parallèle, les témoignages d’accidents graves de manifestants en gilet jaune, suite aux violences policières sur les Champs-Elysées ce samedi, continuent à déferler sur les réseaux sociaux, partagés des dizaines de milliers de fois. Nous relayons ici une série de témoignages et invitons les personnes ayant vu ou subi des violences policières lors des manifestations des gilets jaunes à nous écrire à siterevolutionpermanente@gmail.com, afin de dénoncer cette répression criminelle de la contestation sociale.

"Soutiens et courage à notre collègue Jérôme qui après s’être fait opéré hier, risque de perdre la vue suite à sa mobilisation pacifiste du mouvement citoyens des #giletsjaunes
Faites tourner ! #stopviolencesCRS Il n’était venu sur Paris qu’avec comme seule arme contre ce gouvernement de dictature, son gilet jaune et son courage"

"Merci à nos gentils CRS pour cette belle cicatrice que j’aurais à vie à cause de leurs flashball qu’ils utilisent à tout va pour aucune raison !!"

"Je ressors de l’hôpital des Quinze-Vingt où j’ai visité mon ami de jeunesse Patrick. Il a perdu son œil gauche et son globe oculaire est poly-fracturé. Il a subi une première intervention chirurgicale de plusieurs heures et en subira d’autres, dont une ultime reconstructrice. Patrick manifestait paisiblement parmi les gilets jaunes dans le secteur de la Madeleine et respectait la consigne de ne pas se rendre sur les Champs-Elysées. Vers 16 H 30, voyant la situation dégénérer, il était bien en arrière de la ligne de contact avec les forces de l’ordre et s’en éloignait encore quand son œil gauche s’est subitement « éteint ». Les pompiers sont venus à son chevet, les forces de l’ordre, remontées sur les lieux, faisaient plus que couvrir cette intervention de secours. Personne n’a relevé ce fait gravissime. Jusqu’ici lorsqu’un manifestant perdait un oeil, la presse le faisait savoir. Photo de Patrick prise ce jour avec son consentement".

"Bonjour à tous, je m’appelle Anthony et le samedi 24/11/18 vers 19h50 j’étais au Champs-Élysées à la manifestation des gilets jaunes. Je manifestais avec les gilets jaunes pacifiquement et je suis venu dans le but de partager mon mécontentement sur de nombreux sujets qui concernent nombreux d’entre nous et qui nous rassemblent aujourd’hui à exprimer notre ras-le-bol envers M. Macron.
J’ai étais touché par un tir de bombe lacrymogène, celui-ci est retombé sur ma tête et m’a ouvert le crâne au-dessus de l’oreille, j’ai perdu pas mal de sang et j’ai été pris en charge par des gilets jaunes et d’autres personnes qui manifestaient. Ils m’ont apporté les premiers soins mais il fallait quand même que j’aille voir les secours car ça pissait le sang et j’avais une plaie ouverte. Ces personnes (gilets jaunes) m’ont porté et se sont rapprochés des CRS en levant les mains pour prévenir que nous ne voulions pas faire de mal ou autre. Arrivant devant les CRS, les gilets jaunes leur ont demandé de bien vouloir me ramener aux pompiers ou services de secours pour pouvoir me prendre en charge car le sang coulait beaucoup. La réaction des CRS a été : « dégagez, retournez là-bas ». Ils ont essayé de leur faire comprendre calmement que j’étais blessé, que fallait vite que j’aille à l’hôpital et un CRS est venu violemment et nous a dit « cassez vous, on en a rien à foutre, dégagez ». Sur ce, on est allés dans une ruelle car ils continuaient à gazer et à charger. J’ai continué à faire un point de compression et l’hémorragie s’est estompé, et je suis allé à l’hôpital par mes propres moyens, à pied et en métro. Juste pour vous dire, imaginez une personne qui a été touchée comme moi et qui perd son sang, exemple un hémophile, et à qui on refuse d’être pris en charge par les secours, et qui décède à la suite de ces blessures à cause d’une non assistance personne en danger !? C’est juste inadmissible de leur part, il n’y a même pas de mot pour qualifier cette acte !! Sur ce, je remercie les personnes qui m’ont aidé, que ça soit les gilets ou autre personne. Chacun aidait comme il pouvait, il y avait une très belle cohésion entre nous. Je suis debout, près à repartir samedi prochain, déterminé comme jamais. Merci à tous, et au passage j’ai 17 ans, nous sommes la relève du pays, nous nous battrons jusqu’au bout quoi qu’il arrive ; NE LÂCHONS RIEN ! Gilet jaune en force"




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