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Champs-Elysées : vers une interdiction de manifester ?

Le rendez-vous est désormais confirmé. Au lendemain d'une rencontre avec François de Rugy qui n'a rien donné, les Gilets Jaunes ont confirmé leurs intentions de manifester samedi prochain à Paris, sur les Champs-Elysées. En réponse, la préfecture envisagerait de leur en fermer l'accès.

La macronie a beau faire mine de tendre l’oreille aux gilets jaunes, elle souhaite surtout qu’ils se taisent. Après le rendez-vous organisé avec des portes-paroles autoproclamés du mouvement, ce mardi, avec le ministre de la transition écologique, François de Rugy, le gouvernement croyait pouvoir diluer la radicalité et la colère exprimées par les gilets jaunes. Le tout sans rien lâcher sur le fond, puisqu’Edouard Philippe dans son interview au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC , l’a répété mercredi : « les taxes sur le carburants augmenteront au 1er janvier ».

L’appel à la manifestation de samedi 1er décembre à Paris ne faisait pas jusque là l’unanimité parmi les portes-paroles, contestés, des Gilets Jaunes. Après le rendez-vous « décevant » avec un membre du gouvernement, Eric Drouet, principale figure des Gilets Jaunes et créateur de l’événement du 17 novembre, a changé son fusil d’épaule, en rejoignant la manifestation, appelée par un évènement Facebook "Acte 3" créé au lendemain du 24 novembre, dont il n’était pas l’initiateur.

Sauf que, ce que le gouvernement ne parvient pas à obtenir par la ruse, il compte l’obtenir par la force. La rencontre avec le ministre n’a visiblement pas eu l’effet escompté. La préfecture de Paris, directement en lien avec le ministère de l’intérieur, pense donc à une nouvelle parade : la fermeture de l’accès aux Champs Elysées ce samedi pour empêcher les manifestants de s’y rendre et ainsi disperser les cortèges des gilets jaunes. C’est déjà peu ou prou ce qu’il s’est passé samedi 24 novembre avec la fermeture des stations de métro longeant l’avenue parisienne et un dispositif policier bouclant les accès dès la fin de matinée, de la place de l’Etoile au Grand Palais.

Pure et simple interdiction de manifester, mais aussi de circuler dans la capitale, le gouvernement compte bien sur ses forces de l’ordre pour empêcher toute expression de la contestation. Une entrave de plus aux droits démocratiques à mettre sur la longue liste de la Macronie, avec les arrestations des Gilets Jaunes comme des manifestants contre Parcoursup ou encore des syndicalistes dérangeant depuis l’année 2018.

Crédit photo : BERTRAND GUAY / AFP




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