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Chasse aux précaires. Macron invente le « logement à durée déterminée »

C’était une promesse qui était passée inaperçue, mais Emmanuel Macron entend bien la mettre en place. En effet, le Parlement devra, d’ici l’automne, plancher sur la proposition d’un « bail mobilité » pour les travailleurs précaires.

« Dans une gare, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien » avait déclaré Macron la semaine dernière, provoquant un tollé mérité. Et ces « riens », justement, le président entend les attaquer sur tout les fronts. Loi travail XXL et attaques sur l’ensemble des acquis sociaux sont au programme, avec un état d’urgence prolongé et constitutionnalisé pour mater toute éventuelle révolte. Mais cela ne suffit visiblement pas à Macron, qui entend maintenant précariser un peu plus les travailleurs précaires… en maintenant au-dessus d’eux la menace constante de se retrouver à la rue !

Bien sûr, le « bail mobilité », que le Parlement étudiera d’ici à l’automne et qui sera réservé aux travailleurs en CDD et en intérim, est présenté comme une mesure permettant de « se loger plus facilement ». Une affirmation qui prête à sourire, puisque les locataires devront, en plus de devoir faire face à des conditions de vie difficiles, se soucier de trouver de nouveaux appartements avant la « deadline ». En réalité, c’est bel et bien pour des raisons économiques qu’Emmanuel Macron souhaite mettre en place cette réforme, afin de dynamiser le marché de l’immobilier et accroître la mobilité des travailleurs précaires. La flexibilité et le cynisme poussés à l’extrême, où la vie des travailleurs est davantage malléable pour les employeurs. En effet, refuser un emploi, même intérim ou CDD, à des dizaines voire des centaines de kilomètres expose de fait au risque de finir à la rue.

Voici donc la dernière trouvaille de Macron : Le « LDD » pour logement à durée déterminée. Une proposition qui précarise un peu plus les travailleurs en CDD et intérim, mais qui marginalise aussi les quelques 6 millions de chômeurs, qui verront les possibilités de se loger devenir encore plus difficiles. Avec ce projet, Macron entend donc répondre à la précarité extrême par un nouveau nivellement par le bas, faisant des travailleurs un peu plus de la « chair à patron » docile et malléable, rajoutant au risque du chômage le spectre de la rue. Ces « solutions » proposées ne sont en réalité qu’une attaque de plus, qui ne répond en rien aux difficultés actuelles de notre camp social. L’obtention d’un CDI pour tous, le partage du temps de travail entre toutes et tous, l’interdiction des licenciements, la fin des « cautions », l’interdiction de l’exigence d’un CDI pour obtenir un logement et la réquisition des logements vides sont autant de mesures d’urgences à imposer par le rapport de force contre le gouvernement aux ordres du patronat.

Crédits photos : ©byBazikPress ©pixarno-fotolia




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