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Genres et Sexualités

Sexisme à la SNCF

Cheminotes obligées de porter une jupe pour servir les voyageurs en 1ère classe

La direction de la SNCF ne se cache pas. Ce projet, présenté au CHSCT à l’escale de Rennes et dénoncé par la CGT Cheminots, prévoit d’obliger les cheminotes à porter une jupe pour servir les voyageurs en première classe du TGV. Que prévoit la direction si jamais les cheminotes refusent de porter la jupe ? Ni plus ni moins que l’externalisation du service. Inadmissible !

Nouvelle offre Pro 1ère TGV et nouvelles normes vestimentaires, ou sexisme ordinaire à la SNCF

Lors d’un CHSCT de fin juin à Rennes et dans le cadre de la nouvelle offre Pro 1ère TGV Atlantique, la direction de la SNCF a fait savoir qu’elle souhaitait imposer aux femmes cheminotes en charge d’accueillir et servir les voyageurs en première classe, de porter une jupe comme règle vestimentaire.

Il paraît que la jupe serait « plus élégant » pour accueillir les voyageurs de 1ère classe, sans parler du fait que, selon ce qu’a dénoncé la CGT Cheminots de Rennes, le projet de la direction prévoit que l’accueil se fasse uniquement par des femmes. Ces pratiques ne sont pas une nouveauté au sein de la SNCF, même si la direction cherche souvent à se vanter d’une soi-disant égalité hommes-femmes au sein de l’entreprise. Ce sont donc des pratiques inadmissibles, que l’ensemble de cheminots doivent refuser. Il n’est pas question de permettre que nos collègues femmes soient victimes de sexisme de la part de la direction, sans que personne ne réagisse.

Sexisme sous fond de chantage à l’emploi

Mais ce n’est pas tout. La direction a fait savoir en CHSCT, toujours selon ce qu’a dénoncé la CGT Cheminots, que si jamais les cheminotes n’acceptaient pas cette nouvelle règle vestimentaire, la solution envisagée était ni plus ni moins que l’externalisation du service. Autrement dit, la direction ferait recours à la sous-traitance ! Ce que les cheminotes n’acceptent pas, on le ferait subir à d’autres femmes pour qui, en plus, c’est peut-être plus difficile de s’y opposer, sous peine de perdre leurs emplois. Ce n’est un secret pour personne comment les entreprises sous-traitantes bafouent les droits des salariés, profitant du statut et des conditions de travail plus dégradées des salariés, si l’on compare aux cheminots et cheminotes embauchés directement par la SNCF.

Et quant aux cheminotes travaillant sur ces postes, l’option proposée par la direction se réduit concrètement à « soit tu acceptes d’être la cible des pratiques sexistes, soit tu acceptes de perdre ton travail ». Ce chantage est inadmissible.

Suite à la dénonciation de la CGT Cheminots de Rennes, la direction a démenti ces informations lors des déclarations à la presse. Ce ne sera pas la première fois que la direction annonce des mesures et des projets en CHSCT ou dans les instances représentatives du personnel, pour après nier en bloc les informations divulguées par les syndicats. On comprendra là encore le pourquoi du comment de la volonté des patrons et du gouvernement Macron de supprimer le CHSCT comme l’une des armes de défense des intérêts des salariés, malgré toutes ses limites.

Mais si la direction a maintenant décidé de retirer son projet, c’est tant mieux, et dans tous les cas, nous n’allons pas rester les bras croisés face à ce genre de pratiques. Les discriminations, le sexisme, n’est pas uniquement une affaire des femmes, il est important de riposter tous ensemble.




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