Politique

Pour un préavis strict de 24 heures

Cheminots. CFDT et UNSA se joignent à l’appel de la CGT pour le 26 mais refusent de lier la question du décret SOCLE à la loi El Khomri

Publié le 15 avril 2016

Si l’UNSA avait, dès mercredi, signé l’appel unitaire à l’initiative de la CGT pour une journée de grève le 26 avril prochain contre le décret SOCLE chez les cheminots, la CFDT aura été plus hésitante. Tétanisée par une possible grève reconductible et surtout par la possibilité de voir les revendications cheminotes converger avec celles des opposants à la loi travail, la CFDT a finalement dû céder ce jeudi en appelant au 26… Mais pas au 28, bien entendu.

Karel Venuvitch

La CFDT a donc finalement cédé, se joignant au « préavis commun pour une grève carrée de 24 heures le 26 avril [qui] doit être déposé aujourd’hui ou demain par la CGT ». Il faut dire que tout autre décision aurait été bien difficile à tenir, puisque l’UNSA avait annoncé la veille se joindre elle aussi à l’appel de la CGT. Pourtant, les velléités d’une grève reconductible faisant le lien avec le mouvement contre la loi travail - projet défendu par Berger, le président de la CFDT - avancées par Sud Rail notamment ont longtemps fait hésiter la centrale syndicale.

Sud Rail annoncera lundi si elle appelle à une grève reconductible dès le 26 ou début mai. Un véritable casse-tête pour la CFDT, qui pourrait revoir sa position mais qui sera par la même exposée aux décisions des autres centrales syndicales, et notamment la CGT. De plus, les velléités de la base cheminotes se font de plus en plus pressantes en faveur d’une grève reconductible liant les revendications SOCLE et loi travail. Dans la jeunesse, les actions entreprises de jonction avec ce secteur de travailleurs témoignent d’une volonté de lutter main dans la main.


La convergence cheminots/étudiants : l’étincelle pour lancer la grève générale ?

Alors que la situation à la Réunion mais surtout à Mayotte font office d’exemple à suivre, les étudiants et lycéens sont aujourd’hui quelque peu isolés face au gouvernement dans le cadre du combat contre la loi travail. Cependant, les journées des 9 et 31 mars et la journée du 9 avril démontrent que les travailleurs sont prêts à rejoindre la jeunesse dans la rue. Pour franchir le cap de journées saute-mouton et passer au stade de grève générale, il manque l’étincelle d’un secteur partant en grève reconductible.

Il ne fait aucun doute que les cheminots pourraient être ce détonateur. D’une part, ce secteur d’activité est réputé explosif, comme l’ont rappelé les journées nationales interpro mais surtout est déjà en ordre de bataille sur ses revendications propres. L’idée d’une reconductible et d’une convergence avec les étudiants, quand on regarde dans le rétroviseur de la lutte des classes, est tout sauf une utopie. Un autre facteur, pouvant être à la fois un frein comme un accélérateur, est celui du congrès de la CGT. Si pour l’instant, la branche cheminote de la centrale syndicale s’arc boute sur les revendications sectorielles, une poussée significative de la base vers la convergence avec la jeunesse pourrait faire la différence. Un cadre dont s’auto-exclurait de fait la CFDT, accentuant la crise de ce syndicat lié au PS. Pour les cheminots, étudiants, lycéens et l’ensemble du monde du travail, ce scénario serait a contrario le meilleur possible pour la défense des intérêts de classe, renvoyant un gouvernement bien faible dans les cordes et s’octroyant une victoire d’envergure face à l’attaque tous azimuts du patronat.