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Chômage : baisse jusqu’à -28% pour les intérimaires, un an de moins pour les séniors

C’était le dernier cadeau de Hollande au patronat avant son départ : la validation, en avril dernier, de la nouvelle convention de l’Unédic concernant les indemnisations chômage. Signée conjointement par tous les syndicats patronaux et salariaux, sauf la CGT, elle s’attaque directement aux indemnisations chômage des emplois précaires et des seniors de 50 à 55 ans, visant à économiser 550 millions d’euros sur leur dos en 2018. Une dernière mesure anti sociale entrant en vigueur ce 1er novembre et qui promet d’être un avant goût des projets de Macron pour les sans-emplois.

Alors que la dette de l’Unédic, organisme chargé de l’organisation et du versement des indemnisations atteint près de 37,1 milliards d’euros, une dette largement co-organisée par gouvernements et patronats, Macron compte faire payer le prix fort aux plus précaires.

La CFDT et FO avaient validé

C’est sans la moindre honte que la numéro deux de la CFDT, Véronique Descacq assène : « Ce décalage correspond à la réalité du fait du recul de l’âge de la retraite. On ne peut pas faire croire aux gens qui se retrouvent au chômage à 51, 52 ou 53 ans qu’ils pourront attendre jusqu’à la retraite. » Heureusement que la CFDT est là pour avoir justement signé la convention de report de l’âge de départ à la retraite. Aucune inquiétude de la part du patronat face à Laurent Berger, oubliant par la même qu’un pensionné sur deux démarre sa vie de pensionné en étant au chômage. Le pire étant ensuite la sortie de l’argument de… l’équité. Nous vendre la baisse des indemnités chômages aux plus précaires, bien évidemment les plus touchés par le chômage, pour rétablir une équité de pertes de droits et diviser la lutte entre différents exploités. La CGT quant à elle, s’est refusée à voter pour cette convention.

Une attaque directe à la condition des chômeurs seniors

Que change cette réforme ? Tout d’abord elle accroît la précarisation des chômeurs seniors d’entre 52 et 55 ans. Pour la direction syndicale de la CFDT, cette réforme aurait pour but de s’adapter au recul de l’âge de départ à la retraite. Cette « rationalisation » qui fait fierté, a surtout pour but de renforcer encore la culpabilisation des chômeurs, à un âge où la possibilité de retrouver un emploi diminue, entre prétexte du coût de la main d’œuvre et d’adaptation au marché. Pour les moins de 53 ans, on réduit à 24 mois les droits aux indemnités qui jusqu’ici s’élevaient à 36 mois, soi-disant parce que les chômeurs seraient eux-mêmes la raison pour laquelle ils ne trouvent pas d’emploi, et non par volonté de les précariser afin de baisser leurs salaires. Pour les chômeurs en entrée de droits à leurs 53 ans, cette durée sera de 2 ans et demi. Bien évidemment, si ces chômeurs acceptent une « formation », en vue de les adapter de nouveau aux attentes des patrons, ils pourront percevoir 6 mois de plus, afin de continuer dans la logique du chantage à la survie.

Une précarisation accrue des intérims et autres contrats à courte durée

Afin de suivre dans la division des travailleurs et la détermination de régimes particuliers face aux indemnisations, on continue sur la précarisation des travailleurs aux contrats temporaires en leur promettant un passage d’un salaire journalier de référence divisé par 5 à un salaire journalier de référence divisé par 7. Souci d’équité, nous dirons les vendus de la direction de la CFDT, elle fait oublier la réelle raison pour laquelle les contrats temporaires coûtent le plus à l’Unédic : leur précarisation constante force à bénéficier des allocations chômage. Alors qu’aujourd’hui les travailleurs précaires sont les plus touchés par la surmortalité au travail, le plan de Macron et du patronat leur promet une suite bien pire…

Un avant goût des attaques de Macron

Bien évidemment cette convention, qui date de la présidence d’Hollande n’est qu’un avant goût des futurs projets de Macron pour les droits des travailleurs, de tous.tes et particulièrement des plus précaires. Se construit d’ores et déjà, en toute impunité, le hold up de l’Unédic, jusqu’ici géré par les « partenaires » sociaux depuis 1958 par l’exécutif, instaurant un système de bonus-malus nous parlant de « devoirs » des chômeurs et de responsabilisation. Un pas de plus, donc, vers la culpabilisation et la précarisation des emplois sans capacité à la refuser. Un pas de plus vers le chantage à la survie, et qui se prépare déjà pour le printemps 2018.




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