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Politique

Digne successeur de Pierre Gattaz

Christian Nibourel, un patron multirécidiviste, bientôt à la tête du Medef ?

C'est l'un des prétendants les plus sérieux pour succéder à Pierre Gattaz à la tête du syndicat des patrons, mais voilà, Christian Nibourel est entaché par de multiples condamnations en justice pour sa gestion de Accenture France. Entre les heures supplémentaires non-payées et le non-respect de la durée minimale de repos hebdomadaire, on n'en attendait pas moins de quelqu'un qui souhaite devenir patron des patrons.

Président d’une société de conseil qui compte parmi les leaders du marché, président du groupement des industries et services et membre du comité exécutif du Medef, le profil de Christian Nibourel a tout pour faire de lui un futur dirigeant du Mouvement des entreprises de France. Son sérieux est vanté et ses contributions écrites ravissent les patrons tant il maîtrise les éléments de langage néo-libéraux à grand coup de « nouvelles synergies entres les acteurs de l’économie ». Pas étonnant qu’il se soit vu confier la tête du groupe de travail sur « Inventer l’entreprise du futur » en 2013 aux côtés de Fleur Pellerin alors chargée des PME et de l’innovation numérique.

Cependant, Christian Nibourel possède aussi quelques travers qui lui font oublier la synergie entre collaborateurs et l’entreprise du futur pour revenir aux bonnes vieilles méthodes à l’ancienne à commencer par l’exploitation de ses salariés. En effet, la société de conseil de Nibourel n’en est pas à sa première condamnation par la justice. Depuis quelques mois, les procès fleurissent et montrent une gestion des employés qui ne s’embarrasse pas de respecter le code du travail.

Le 4 septembre dernier, Accenture France a été condamné pour « non-attribution ou attribution non-conforme de congés annuels » et « emploi de salariés sans respect de la durée minimale de repos hebdomadaire [et] quotidien » ainsi que pour « mise en place illégale du travail de nuit ». Un palmarès que Nibourel voulait manifestement encore étoffer puisqu’il vient encore d’être de nouveau condamné pour avoir enfreint la convention collective auprès de 1980 de ses employés. En effet, la CGT d’Accenture France a révélé que les modalités de décompte du temps de travail des employés n’étaient pas fiables en plus d’être à l’avantage de l’employeur, une technique bien connue pour obtenir des heures supplémentaires non payées. Sourd aux avertissements de l’inspection du travail, l’entreprise de Nibourel a été condamnée le 21 décembre dernier par le tribunal de police.

Nul doute que Nibourel assurerait une succession honorable à Gattaz. Entre le « patron de choc » comme les médias le surnomment, qu’il a été, et le patron multirécidiviste qu’incarne Nibourel, la continuité serait assurée.




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