Politique

La politique de la chaise vide

Christine Boutin s’est défilé à son procès en appel

Publié le 19 septembre 2016

Condamnée pour ses propos scandaleux associant l’homosexualité à une « abomination », Christine Boutin, l’ex présidente du Parti Chrétien Démocrate (PCD) n’a pas fait le déplacement pour assister à son procès en appel.

La politique de la chaise vide

Après un procès de première instance durant lequel Christine Boutin s’était retrouvée en grandes difficultés vis-à-vis des propos ouvertement homophobes qu’elle avait pu tenir, l’ex-présidente du Parti Chrétien Démocrate a déserté son procès en appel. En effet, lors d’un entretien réalisé pour le trimestriel Charles celle-ci (sous couvert..) s’était vu affirmer qu’elle « n’a jamais condamné un homosexuel. Jamais. Ce n’est pas possible. L’homosexualité est une abomination mais pas la personne  ». Aussi, elle avait renchéri que, « avec ma foi, la personne homosexuelle est autant aimée de Dieu que je ne le suis ». Pourtant, en prononçant cette phrase, les personnes homosexuelles, qui se retrouvent sous le nom que Boutin caractérise d’abomination, sont en fait les premières touchées. Victimes de l’oppression qui pèsent sur elles chaque jour de leur vie. Elles qui, parce que l’orientation sexuelle n’est pas un choix, se voient participer – de par le seule fait qu’elles respirent, qu’elles aspirent à une vie libre comme le reste de la population – à la reconnaissance d’une orientation sexuelle autre que l’hétérosexualité, et plus largement participent souvent de fait à la visibilisation des personnes LGBTI.

Nul besoin par ailleurs de se défendre grâce à « sa foi » en prétextant que « les homosexuels sont ses frères ».

Désolée de vous signaler que ce petit tour de passe-passe permettant juste de couvrir une idéologie conservatrice ne passe pas Madame Boutin. Et pour cause, différentes associations se sont insurgées contre les propos tenues, notamment l’Inter-LGBT, Mousse ou encore Le Refuge. Au deux dernières, l’élue a du verser 2000€ pour « dommages et intérêts » et 2000€ supplémentaires au titre « d’incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle ».

Un passé conservateur avec beaucoup d’antécédents

Évidemment, Christine Boutin avait déjà accumulé un certain nombre de points dans la catégorie homophobie. Tout le monde se souvient de l’épisode lorsque, sur le plateau d’RMC le jour où la Manif Pour Tous s’apprêtait à faire son come-back en octobre prochain, elle donna son avis sur le film La vie d’Adèle qui venait de se voir attribuer la Palme d’Or « On ne peut pas voir un film, à la télévision une série, sans qu’il n’y ait les gays qui s’expriment. Maintenant, c’est la Palme d’Or, ça va, quoi. [...] On est envahi, on ne peut plus avoir une histoire sans histoire gay. [...] Aujourdhui la mode cest les gays, on est envahi de gays. »

Autre fait notoire, l’ex présidente d’honneur du PDC avait donné son avis sur le premier tour des élections régionales de décembre 2015 qui avait vu le FN arriver en tête dans 6 régions. Elle devait l’analyse de ce phénomène non pas aux attentats du 13 novembres qui avaient frappés la France quelques semaines plus tôt, à la crise des migrants, la hausse toujours plus croissante du chômage, ou encore au bilan de la combinaison Hollande-Sarkozy. Non. Selon elle, le « Tsunami FN [...] s’est concrétisée avec le mariage pour tous » a-t-elle écrit sur Twitter le 7 décembre dernier.

Boutin mènera-t-elle de nouveau la politique de la chaise vide ? Réponse le 2 novembre prochain, lors de son nouveau procès.

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