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Monde

Solidarité avec la Palestine

Cisjordanie : grève contre la visite de Trump en Israël

Avec l'arrivée de Donald Trump en Israël, dans le contexte où 6 500 prisonniers palestiniens incarcérés dans les geôles israëliennes sont entrés en grève de la faim depuis 36 jours pour revendiquer le statut de prisonnier politique, c'est la population palestinienne de Cisjordanie qui s'est mise en grève pour protester contre la venue du président américain et son soutien inconditionnel à l'Etat colon d'Israël.

A Ramallah, territoire sous l’autorité palestinienne, les rues sont vides, tous les commerces fermés en ce jour. Les camps des réfugiés, non-loin de la ville, les rues ont été bloquées avec les moyens du bord (voitures, bennes etc...). Dans la ville de Hébron, zone occupée depuis plus de 50 ans par l’Etat israélien, les écoles, les magasins, les transports en commun se sont également mis en grève.

Fraîchement élu, Trump avait affirmé qu’il reconnaîtrait Jérusalem comme la capitale d’Israël. Il a, lors de sa visite le mardi avec le président palestinien Mahmoud Abbas, balayé d’un revers de la main l’idée d’une reconnaissance d’Etat palestinien indépendant,

Si Donald Trump a usé à outrance du mot « paix » sans lui donner davantage de contenu, il n’a fait ucune déclaration sur la condition des prisonniers palestiniens, qui est pourtant un sujet qu’on ne peut éviter en allant sur le territoire palestinien, aucune déclaration quant à la colonisation de l’Etat d’Israël en Palestine, théâtre d’un véritable pillage des ressources, de violence extrême.

Encore récemment, lors d’une manifestation en soutien aux prisonniers incarcérés, deux palestiniens se sont fait tués par un soldat et un colon israélien, révélateur du degré de violences dans ces territoires.

Ce que l’on retiendra de son séjour, c’est que Trump a promis d’établir des « liens indestructibles » avec Israël, des liens indestructibles renforcés par le tournant anti-iranien de Trump qui tranche avec l’ère Obama. Il a abondé dans le sens des autorités israëliennes en aculant les palestiniens , les faisant passer pour des responsables de la guerre : « le financement et la récompense du terrorisme doivent cesser. […] La paix ne peut jamais prendre racine dans un environnement où la violence est tolérée » renvoyant dos à dos la violence de Tsahal, l’armée israëlienne équipées par les armes occidentales, et celle d’un peuple palestinien, ses couteaux, ses pierres, retranché sur des territoires occupés et militarisés.

A l’occasion, une manifestation s’est organisée le lundi au check-point israélien, séparant Ramallah et Jérusalem, avec comme mot d’ordre la dénonciation de la visite de Trump, qui n’est là que pour promettre un semblant de paix entre les palestiniens et les israéliens, et « brader les droits des palestiniens ». Au-delà du soutien aux prisonniers, s’est exprimé dans ces manifestations et cette grève générale, cette aspiration à la liberté tant souhaitée par la population palestinienne, à l’instauration d’un Etat palestinien indépendant, et à cette volonté de se débarasser définitivement de la présence israélienne en ces territoires, n’étant que la concrétisation de la politique coloniale de l’état d’Israël.

Photo : FADI AROURI (POOL/AFP)




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