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Politique

Crépusculaire

Clap de fin au Parti Socialiste

Benoit Hamon est aujourd'hui définitivement détaché de la course à l'Elysée. Passé en dessous de 10% d'intention de vote, 2017 semble être synonyme de crépuscule pour le Parti Socialiste. Il pourrait battre le record de Gaston Deferre en 69.

Du "tout le monde déteste le PS" à la mort clinique de la formation socialiste

"Tout le monde déteste le PS" ! Le slogan entendu lors du mouvement contre la loi travail n’a jamais semblé autant d’actualité. Benoît Hamon est aujourd’hui exclu de toute chance de second tour, et même condamné à terminer une campagne en forme de chemin de croix (loin) derrière Jean-Luc Mélenchon. Le prix d’un quinquennat désastreux bien sûr, que le candidat socialiste pour 2017 traîne comme un boulet au pied malgré son statut de "frondeur du gouvernement Hollande", mais qui en réalité, en cette période de crise du bipartisme traditionnel, puise ses racines dans la destruction du volet social du parti, voulue par une orientation "social-libérale", qui s’est au fil des années placée en opposition totale aux intérêts des travailleurs et des classes populaires.

La défaite annoncée d’Hamon, au-delà du cataclysme annoncé, se résume à la perte d’un espace politique gagné au prix d’une féroce bataille remportée en 1981, aux dépends du Parti Communiste Français. En tentant d’incarner une figure de "reconstructeur idéologique", Hamon a mené campagne sur le terrain des "valeurs de la gauche". Le problème étant tout d’abord qu’il doit composer avec un solide concurrent sur ce terrain, à savoir Jean-Luc Mélenchon, mais que l’appareil PS en lui même, et notamment son aile droite, ne lui a pas permis de manœuvrer à sa guise. A cela s’ajoute bien évidemment la conjoncture de crise systémique, qui laisse très peu de place pour avancer un programme qui puisse agréger un « vote du coeur », mais apparaît au mieux comme "un moindre mal". Cet ensemble d’éléments semble aujourd’hui avoir définitivement fait entrer le Parti Socialiste dans la spirale de la PASOKisation, en référence à son homologue grec ayant perdu l’espace politique indispensable pour se poser en incontournable de la gauche réformiste.

Grignoté à droite par Macron, à gauche par Mélenchon, quelle place pour les débris du PS dans les recompositions à venir ?

Pour la majeure partie de l’aile droite du parti, la question est pliée : le pôle naissant autour de la candidature Macron est bien plus attractif que le radeau de la Méduse politique qu’est devenu l’appareil socialiste. Nul doute que pour la période post 2017, et d’autant plus si Macron est élu, l’essentiel des troupes fidèles à la présidence Hollande se mettront En Marche. L’aile "frondeuse" quant à elle, récupère le cadeau empoisonné. La victoire de Hamon aux primaires contraint les principales figures à mener la campagne, en essayant de se montrer discret pour ne pas être trop associé au fiasco annoncé.

Il n’en reste pas moins que le réseau socialiste à travers tout le pays est, pour l’heure, toujours en place. Les législatives devraient donc être le théâtre d’une bataille féroce, tant ce maillage est indispensable pour gouverner ou s’opposer de manière significative à un gouvernement de droite. L’hypothèse d’une reconstruction du PS par le biais de ses implantations partout sur le territoire est-elle envisageable ? Même si elle ne peut être totalement exclue, les voyants sont aujourd’hui au rouge tant la formation socialiste voit son état major en lambeau et sa base sociale et électorale totalement décimée. Dès lors, les législatives semblent, pour les socialistes, être avant tout un temps de la vie politique où il va falloir trancher. Avec une alternative simple : céder aux sirènes insoumises ou au libéralisme ubérisé. Il semble, aujourd’hui, qu’il n’y a que dans ces recompositions à venir, et qui seront en partie conditionnées par le résultat de la présidentielle, que le PS ait un rôle important à jouer à échelle nationale. Une dernière bataille au crépuscule d’une formation politique en bout de course, avant de tirer le rideau.




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