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Notre classe

Accidents de travail à répétition

Les frites industrielles qui puent la mort de chez Clarebout Potatoes

Vous-êtes vous jamais demandé dans quelles conditions sont élaborées les frites industrielles congelées que l’on achète ? Si c’est des Clarebout Potatoes, faites sur le site industriel du Pont Rouge, à Warneton, à la frontière entre la Belgique et la France et qu’elles puent la mort ou l’accident de travail à plein nez, c’est normal.

Mercredi, c’est un ouvrier qui a été brûlé au deuxième degré en recevant des projections d’huile en changeant le filtre d’un four. Toujours adroite dans l’art de l’euphémisme, la direction du groupe, l’un des leaders du marché de la pomme de terre en Europe, a communiqué que « quelques gouttes d’huile sont tombées dans le cou d’un salarié, lui causant des brûlures au deuxième degré. Il a été transporté à l’hôpital par précaution et a pu rentrer chez lui juste après ».

Nous voilà rassurés. Sauf que Clarebout Potatoes n’en est pas à son coup d’essai. Sur son site, l’entreprise nous informe que « les unités de production [de ses sites de Nieuwkerke et de Warneton] ont été mises au point à partir des technologies les plus récentes ». Des technologies avancées qui sont loin d’être compatibles avec le respect de l’environnement et des travailleurs, semble-t-il.

Fin novembre, déjà, le 29, une importante nappe d’huile était détectée sur la Lys, l’affluent de l’Escaut qui passe à Warneton. En dépit des dénégations de l’entreprise, il ne faisait aucun doute pour les gendarmes belges : la pollution venait bien de l’usine.

Un peu plus tôt, en octobre, ce sont des événements autrement plus tragiques qui se déroulent. Le 24 octobre, c’était un Wattrelosien de 42 ans, père de deux enfants, ouvrier dans l’usine qui mourrait coincé sous un chariot élévateur. Un an plus tôt, le 9 avril 2016, c’était une jeune ouvrière, Alison Engrand, qui décédait, happée par le tapis roulant d’une machine, toujours dans une usine Clarebout Potatoes, mais située à Neuve-Eglise, cette fois-ci.

Le patronat de la pomme de terre a tendance à confondre le calibrage, le négoce et la transformation de la pomme de terre, à savoir l’épierrage et le lavage du tubercule, l’épluchage, le triage et la coupe, le blanchiment et le séchage, la cuisson, le refroidissement et la surgélation avec l’équarrissage des ouvriers et des ouvrières.

Ces derniers n’ont pas hésité à réagir après le décès de trop, fin octobre, en réalisant un véritable reportage photos repris par La Voix du Nord montrant les conditions d’hygiène et de travail abjectes et déplorables de l’usine de Warneton, notamment. Le patronat, lui, continue à faire comme si de rien n’était… Il y en a qui mériteraient une bonne patate.

[Crédit photo : Nord Eclair. Photo montrant des câbles électriques au-dessus d’un mélange d’eau et d’huile dans l’usine de Warneton]




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