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Politique

Tournée banlieusarde du « président des riches »

Clichy-sous-Bois, Lille, Roubaix, Tourcoing : Macron à la recherche d’un changement d’image

Baisse de popularité oblige, Emmanuel Macron cherche à se débarrasser de son image de « président des riches ». Forgée à coups de cadeaux aux possédants et mesures d’austérité contre les classes populaires, ce surnom ne le lâche pas. Une tournée et quelques promesses en banlieue pour essayer de masquer ce caractère de classe de la présidence Macron…

Le président a commencé ce lundi sa tournée lifting populaire à Clichy-sous-Bois, ville emblématique où ont démarré les émeutes de 2005 après la mort des deux adolescents Zyed et Bouna dans une course-poursuite avec la brigade anti-criminalité (BAC). Après la Seine-Saint-Denis, c’était le tour aux Hauts-de-France.
Depuis Tourcoing, mardi, Macron a annoncé dans un discours quelques mesures telles que le retour des emplois francs, déjà expérimentés sous Hollande et qui ont été un échec. À partir de janvier 2018 et dans une dizaine de territoires (Seine-Saint-Denis, Angers, Cergy-Pontoise, Sarcelles - Villiers-le-Bel, les métropoles marseillaise et lilloise, Grigny et Evry), toute entreprise qui embauchera un habitant issu de ces quartiers bénéficiera d’une prime de l’État de 15 000 euros étalée sur trois ans pour un CDI et de 5 000 euros sur deux ans pour un CDD de plus de six mois. La différence est que tous les demandeurs d’emploi sans critère d’âge pourront rentrer dans le dispositif.
Macron a aussi promis la mise en œuvre dans six mois d’un plan national pour le permis de conduire, sauf que … ça serait aux collectivités locales de le financer, déjà touchées par une baisse importante des dotations.

Les associations et les élus locaux en colère

Ils dénoncent le « mépris » et la « brutalité » de la part de l’exécutif qui a annoncé, en juillet, des coupes dans le budget de la politique de la ville pour 2017. La baisse des APL et la suppression des emplois aidés s’ajoutent aux mauvais coups pour les habitants de banlieues. La promesse de l’exécutif de maintenir le budget revu à la baisse de 2017 en 2018 n’a pas suffi à apaiser les tensions. Au point qu’élus et associations ont organisé, le 16 octobre à Grigny (Essonne), des États généraux de la politique de la ville, un événement inédit, pour tirer la sonnette d’alarme. 5,5 millions de personnes habitent dans les 1 514 quartiers les plus pauvres, où le chômage est 2,5 fois plus élevé que la moyenne nationale.

Un Macron Tour parsemé de gestes mais avec les mains vides

« C’est un changement total de méthode sur les banlieues que je propose », a dit Macron, qui veut concentrer les efforts de la politique de la ville sur une dizaine de quartiers, pas encore identifiés, pour montrer du chiffre d’ici à deux ans. Et voyant le manque de visibilité du ministre et du secrétaire d’État à la cohésion des territoires, Jacques Mézard et Julien Denormandie, qui l’ont accompagné, il a décidé de recycler Jean-Louis Borloo, figure publique plus connue, et qui promet de lui apporter son « expertise ».
En dépit de toutes cette communication, il y a fort à parier que les premiers concernés ne se feront aucune illusion sur les véritables intérêts du président Macron.
Crédits photo : REUTEURS




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