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Genres et Sexualités

Soutien internationaliste contre la justice patriarcale

Colère au Trocadéro, après la condamnation pour « abus sexuel » de 5 violeurs dans l’Etat espagnol

250 personnes ont manifesté devant la tour Eiffel ce dimanche après-midi malgré la pluie, en soutien aux manifestations qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de l’État espagnol jeudi dernier, contre la justice patriarcale. Nous relayons le communiqué rédigé par les manifestant.e.s.

Pour la justice patriarcale, rester vivante devient une preuve de l’absence de viol !

Nous sommes ici en solidarité avec les centaines de milliers de personnes qui manifestent dans les rues de l’Espagne contre la qualification d’un viol en abus sexuel par la justice patriarcale.

En juillet 2016, durant les fêtes de la de Saint Firmin à Pamploune, 5 hommes âgés de 27 à 29 ans (dont un garde civil et un militaire) violent une femme de 18 ans dans la rue. Après plusieurs fellations, pénétrations anales et vaginales forcées, les agresseurs ont volé le téléphone de la victime pour s’assurer qu’elle ne puisse pas demander de l’aide. Durant le procès, il sera démontré que l’agression avait été préméditée, filmée par les agresseurs et diffusée sous le titre « en train de violer à cinq ». Lors du procès, les policiers et médecins qui ont trouvé et soigné la victime ont confirmé son état de choc et ses diverses lésions.

Mais voilà, pour la justice patriarcale survivre à un viol équivaut à avoir consenti au viol. Tel a été le virage infâme qu’a pris peu à peu le procès, passant de celui des agresseurs à celui de la victime. Notamment quand les agresseurs, à l’aide d’un détective privée, ont fait valoir que la femme était sortie à des soirées et partie en vacances après l’agression, voulant ainsi prouver l’absence de traumatisme et donc de viol. Les juges, tout en admettant qu’il n’y avait pas eu consentement du fait de la contrainte, ont considéré que le fait que la victime, sous le coup de la sidération, ne se soit pas débattue ne permettait pas de retenir le caractère de viol. Sur les 3 juges, aucun n’a donc retenu la qualification de viol, 2 ont qualifié les actes commis par ces hommes d’« abus sexuel » et le dernier, poussant l’ignominie jusqu’à son paroxysme a demandé la relâche.

En résumé, pour la justice patriarcale, si une femme se fait violer elle doit soit se débattre jusqu’à la mort, soit arrêter de vivre du fait du traumatisme, car, pour la justice patriarcale, si une femme continue à vivre après un viol, c’est que ce n’était pas un viol.

Par ce verdict, les juges espagnols, ont montré leur rôle de garant de l’ordre patriarcal qui protège les violeurs et culpabilise les victimes.

Nous condamnons ce verdict et nous associons aux mobilisations en soutien à la femme violée et contre la justice patriarcale.

Ce n’est pas un abus, c’est un viol !