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Politique

Malgré son inefficacité totale

Colis piégé au siège du FMI à Paris. Hollande en profite pour réaffirmer l’état d’urgence

Ce matin, un colis piégé ou, plutôt, un gros pétard a explosé au siège du FMI à Paris. Une employée, assistante de direction, a été légèrement blessée. En déplacement dans la région de Toulon, François Hollande a qualifié d'attaque terroriste les événements du matin, réaffirmant au passage l'état d'urgence.

Hollande contredit le garde des sceaux et entend prolonger l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet

Ce jeudi matin, un colis piégé a explosé au siège du FMI, à Paris, faisant une blessée. A priori, il s’agirait d’une confection artisanale, faite d’un gros pétard. Alors que quelques heures plus tard, une fusillade éclatait au lycée de Tocqueville à Grasse, François Hollande, en déplacement dans la région de Toulou, a déclaré que « nous sommes encore en face d’un attentat, il n’y a pas d’autre mot face à un colis piégé[...] Nous devons rechercher toutes les causes et trouver les coupables. Nous le ferons avec obstination, persévérance et jusqu’au bout ».

L’état d’urgence « devait être prolongé jusqu’au 15juillet » a ainsi déclaré François Hollande. Une affirmation qui va diamétralement à l’encontre des déclarations du garde des sceaux la veille, qui affirmé que « les conditions qui rendent possible une sortie de l’état d’urgence » étaient réunies. Le très prochain ex-président de la république entend donc finir son quinquennat sous état d’urgence, et paver le terrain du tout-sécuritaire à son successeur, quel qu’il ou quelle qu’elle soit… « Ce sera au nouveau président de la République, au gouvernement et aux députés et sénateurs qui seront en situation d’agir [d’estimer] s’il faut [le] maintenir ou non ». Cela a le mérite d’être clair.

Un système inefficace pour lutter contre les attentats...

Pourtant, l’explosion au siège du FMI, qui est sans aucun doute un établissement particulièrement surveillé, met en avant la totale inefficacité des dispositifs type « état d’urgence » sur le terrain des attentats. Il ne fait aucun doute que le courrier du FMI est contrôlé avant d’être introduit dans l’établissement, ce qui n’a en aucun cas empêché l’explosion, ni même de véritablement d’identifié les auteurs.

C’est bel et bien sur le terrain social que la situation va, au mieux, être maintenue sous chappe de plomb répressive. Et ce à l’heure ou les cheminots pleurent l’un des leurs et où la famille Traoré subit un véritable acharnement politique. Il est donc indispensable d’exiger le retrait de l’état d’urgence, qui non seulement est maintenu malgré son inefficacité notoire mais qui, par ailleurs, est parfaitement huilé pour muselé les contestations dans la rue.

Une méthode inefficace pour lutter contre l’impérialisme et ses rouages

Se pose, également, la question des méthodes qui sous-tendent l’envoi de la lettre piégée au siège parisien du FMI. Christine Lagarde, la direction du Fonds, la femme qui détourne de l’argent au profit de Tapie « sans s’en rendre compte » et qui a été blanchie par la Cour de « justice » de la République, a bien entendu hurlé avec les loups, dénonçant le « terrorisme ».

Il est possible qu’à l’origine de l’envoi se trouvent des individus évoluant dans des milieux proches de l’action directe militante d’extrême gauche. Quel que soit les motivations, et quand bien même il s’agirait d’une opération faite pour dénoncer ce rouage du capitalisme impérialiste qui saigne les peuples et les travailleurs de par le monde qu’est le FMI, de telles actions sont absolument inefficaces pour établir un rapport de force favorable à notre camp social, y compris pour que la peur change de camp. Elles ne servent ni à réveiller les consciences, ni à inciter à combattre. On ne peut qu’en être des spectateurs passifs. Au contraire, elles sont généralement instrumentalisées par l’Etat pour justifier davantage de surveillance, de répression et de contrôle, sur les courants militants, sur les équipes syndicales combatives, sur la jeunesse. En témoigne la prolongation de l’état d’urgence jusqu’à la mi-juillet et l’amalgame qui commence déjà à être fait entre terrorisme djihadiste et extrême gauche.




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