Politique

Les bombes qui tombent « là-bas » sont aussi, pour « ici », des bombes à retardement

Collectif Contre la Guerre. Seconde réunion parisienne

Publié le 4 février 2016

Christian Grosz

Mercredi 3 février s’est tenue, à la Bourse du Travail de Paris, la seconde réunion pour la construction d’un « Collectif Contre la Guerre ». Une première réunion, faisant suite à un appel d’intellectuels, avait eue lieu au même endroit le 15 janvier.

Une centaine de participant-e-s, militant-e-s de sensibilités diverses, ont débattu pendant plus de deux heures et demi de la nécessaire construction d’un Comité Contre la Guerre et de ses axes d’intervention. Lors de la manifestation du 30 janvier contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité, une première apparition à Paris avait permis de faire le lien entre la guerre et l’état d’urgence, grâce au slogan « Contre la guerre ! Contre l’état d’urgence ! Contre les causes ! Contre les conséquences ! ».

Les bases communes

Afin de permettre une implantation populaire dans les villes et les quartiers, un accord s’est dégagé concernant la nécessaire déclinaison du comité national en comités locaux.

Par ailleurs, en ce qui concerne les orientations politiques du comité, il est clair pour tous que le premier point à mettre en avant est l’exigence de l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises : bombardements, mais aussi implantation de bases militaires et arrêt des ventes d’armes, qui terminent entre les mains des régimes dictatoriaux, mais aussi de Daech. Il est clair aussi qu’il faut s’opposer à toutes les guerres impérialistes.

Depuis les années 2000, la « lutte contre le terrorisme » a servi de prétexte aux massacres de populations : Irak, Afghanistan, Tchétchénie, Palestine et peuple kurde (3 militantes kurdes assassinées il y a trois ans à Paris par les services secrets d’Erdogan, sans aucune réaction du gouvernement français).

Il y a accord aussi pour condamner le quadrillage systématique de tous les espaces publics par les forces armées, qui vise à terroriser…les populations civiles, sans aucune efficacité contre les tueurs. C’est dans cette ambiance de peur permanente que le gouvernement se permet d’augmenter considérablement l’arbitraire policier, jusqu’au droit de tuer sans rendre de comptes ! Dans ce contexte, le comité devra apporter son soutien aux migrants qui sont souvent, eux aussi, victimes des guerres impérialistes et de la misère qui en découle, dans leurs pays d’origine. Il sera attentif aussi à toutes les manifestations de racisme et particulièrement au racisme anti-musulman que le gouvernement Hollande-Valls, la droite et l’extrême-droite utilisent pour diviser les exploités et tenter de les empêcher de s’opposer à sa politique mortifère.{{}}

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Les points en discussion

Quelle attitude faut-il avoir par rapport aux guerres défensives des peuples contre les agressions impérialistes, Daech, Al Qaïda ?

Faut- il aider concrètement les combattant(e)s kurdes contre Erdogan et Daech ?

Selon que l’on est pacifiste et contre « toutes les guerres » ou que l’on est marxiste révolutionnaire, la réponse n’est pas la même. La discussion devra se poursuivre.{{}}

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Perspectives d’action

Le Comité va élaborer une plateforme qui sera finalisée et soumise à la discussion lors d’une troisième réunion à la Bourse du Travail de Paris, le mercredi 3 février à 19 heures. Elle deviendra la plateforme du Comité Contre la Guerre, sera diffusée très largement et sera proposée pour signature à toutes les organisations du mouvement ouvrier et démocratique.

Le Comité et les Comités locaux seront présents dans les manifestations ayant un rapport politique avec ses objectifs.