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Notre classe

Droit de réponse

Colloque sur l’avenir du Rail : la direction de la CFDT Cheminots répond à Révolution Permanente

Suite à la publication dans nos colonnes d'un article sur un colloque organisé par la CFDT Cheminots « Quel avenir transport ferroviaire pour demain », le secrétaire général adjoint du syndicat CFDT Cheminots, Rémi Aufrère-Rivel a demandé un droit de réponse.

C’est avec surprise que nous avons lu votre texte concernant notre colloque du 14 décembre 2017 sur l’avenir du transport ferroviaire français.
Surprise parce que nous croyons, à tort semble-t-il, que les militants de la classe ouvrière que vous prétendez être, n’avez pas suivi avec assiduité les enseignements de l’école républicaine laïque.

En effet, cette diatribe écrite dans un langage approximatif et publiée sur votre site internet Révolution permanente affiche un titre insultant pour notre initiative. La suite présente des appréciations qui vous appartiennent, mais qui, selon la CFDT Cheminots, contiennent plusieurs informations erronées.

Nous allons trouver une convergence avec votre esprit critique : la CFDT Cheminots, ses responsables, ses militants, ses sympathisants comme ses électeurs ne vivent assurément pas dans votre monde virtuel.

Ce monde où votre seule vertu semble être l’utilisation de termes impropres, voire insultants, sur des syndicats aux opinions différentes des vôtres.

En usant d’arguments sans contenu, vous montrez votre intolérance et le mépris du débat démocratique et républicain. Sur la République, nous comprenons bien que vous ne pouvez l’envisager que sous la forme « populaire  » et « sous la dictature du prolétariat et du Parti  » – unique, bien entendu !

Chacun de nous semble vivre dans des mondes différents. La CFDT reconnaît l’existence de l’économie de marché avec ses exigences, ses atouts et ses espoirs, mais aussi ses perfidies à l’encontre du monde du travail et de tous les salariés.

La CFDT porte dans son empreinte génétique le progrès social et la liberté. Nous luttons au quotidien pour cela et nous sommes loin de vos jugements creux.

Votre esprit de « permanence révolutionnaire  » ne vous place assurément pas dans les principes républicains, que ce soit ceux de 1871, de 1936 comme du Conseil National de la Résistance, ni dans les revendications satisfaites de 1968.

Car tous ces moments forts de notre histoire française ont toujours été précédés d’intenses débats citoyens.

Nos principes CFDT, nous les voulons émancipateurs. Nos actions syndicales, nous les construisons par la compréhension de tous les éléments d’un sujet aussi grave aujourd’hui que celui de l’avenir du transport ferroviaire national et européen, dans toutes ses dimensions, et surtout celles sociales et citoyennes.

La CFDT Cheminots veut offrir à chaque travailleuse et chaque travailleur du rail les informations, les questions et des ébauches de réponses pour concrétiser le principe d’émancipation de tous.

Notre « syndicalisme de transformation sociale  » n’est pas le vôtre. Notre méthode d’action est simple et ordonnée : revendications, négociations, actions et, si besoin, usage du rapport de force jusqu’à l’arme ultime qui est celle de la grève. Mais toujours en dernier recours, car nous savons que le sacrifice du salaire doit être utilisé avec parcimonie pour ne pas banaliser la grève ni appauvrir les salariés. Nous assumons notre responsabilité vis-à-vis des travailleurs, contrairement à vous qui ne portez qu’une voie respectable dans le pluralisme des idées, mais irréelle pour celles et ceux qui souffrent au quotidien de leur vie professionnelle.

La CFDT Cheminots a compris que l’existence même d’un débat avec des « ennemis de classe  » comme les dirigeants d’entreprises est, selon vous, un acte de trahison. Mais vos mots ont l’odeur de rance des discours des démocraties « populaires  », du trotskysme et du stalinisme, souvent accompagnés de la justice du «  Parti  ».

Alors oui, nous vous autorisons à écrire et à diffuser largement que vous êtes en désaccord avec notre syndicat CFDT Cheminots.
Pour vous, ce colloque n’est pas correct, pour vous c’est celui de la « honte  » ! Car vous pensez que discuter avec les patrons c’est mauvais. Vous croyez qu’à coups de slogans, de semaines d’actions entre permanents syndicaux et politiques, de préavis de grève courant sur six mois et de grèves suivies à 1 ou 2 %, vous faites la « révolution permanente »…

La classe ouvrière n’attend rien de vous. La CFDT est devenue première organisation syndicale confédérée de France. Elle est la seconde organisation syndicale dans l’ensemble du Groupe SNCF (SNCF ferroviaire + Keolis + Geodis), que cela vous plaise ou pas.

Elle gagne la confiance de nombreux salariés. Car elle ne dit pas à chacune et chacun ce qu’il faut penser, mais comment chacune et chacun peut penser son avenir dans un cadre collectif.

Par cette écoute permanente des salariés, de leurs familles, des citoyens qui expriment des besoins de services publics comme d’activités économiques privées et publiques créatrices d’emplois et de croissance, la CFDT défend «  la transformation sociale  » pour un meilleur avenir.

Nous ne pouvons pas citer ici toutes les actions concrètes que nous avons menées depuis le brouillon du projet de loi portant réforme du ferroviaire du début de l’année 2013.

Quelle est la première organisation syndicale qui a proposé et défendu le « caractère indissociable et solidaire  » du Groupe SNCF, principe que nous avons acquis dans la loi ?

Quel est le premier syndicat qui s’est opposé aux propos cyniques liant « échange d’une évolution négative du régime spécial des cheminots contre allègement de la dette du ferroviaire  » ?

Quelle est la première organisation syndicale qui a exprimé son opposition ferme et déterminée au transfert obligatoire des cheminots en cas de changement d’opérateurs (perte de contrat SNCF au profit d’une autre entreprise) ?

Qui a revendiqué un « sac à dos social  » prenant en compte des éléments essentiels du statut de cadre permanent SNCF pour les cheminots acceptant le transfert en cas de changement d’opérateurs ?

Qui défend sans cesse un « cadre social de haut niveau  » contre une « harmonisation  » par le bas de la CCN du ferroviaire ?

Qui a obtenu le maintien des dispositions de la réglementation du temps de travail applicable à la SNCF (ex-RH 0077) en mai 2016, alors que d’autres usaient d’une stratégie de l’autruche ?

Qui défend l’octroi de la couverture complémentaire maladie (mutuelle d’entreprise) pour les cheminots sous statut en maintenant le réseau de soins interne et le régime spécial (cela n’est pas du tout incompatible) ?

Qui met ses propos en accord avec ses actes ?

C’est la CFDT Cheminots ! Et en l’absence d’arguments intelligibles de votre part, nous vous laissons dans votre méprisante partialité.

Concernant le colloque que nous organisons, notre syndicat est satisfait d’apparaître à l’avant-garde des débats pour développer le transport public ferroviaire national et européen et défendre les cheminots et la croissance de notre mode de transport en complémentarité avec les autres modes.

Vous nous accusez d’organiser ce colloque « avec tout le gratin du patronat des transports publics  » ? Nous ne voulons pas débattre dans l’entre-soi. Parce que nous avons des positions stratégiques débattues démocratiquement et définies depuis 2012. Et que nous savons aussi les actualiser.

Nous comprenons bien que d’autres syndicats peuvent connaître des dysfonctionnements d’appareils politiques ou de définitions stratégiques vu certains débats internes connus.

La CFDT Cheminots doit confronter ses propositions et ses questions à celles du patronat et du gouvernement. Vous confondez toujours « l’accompagnement  » avec le débat contradictoire qui n’appartient pas à votre structure de pensée.
Vous n’êtes pas invités à notre colloque parce que vous êtes dans l’incapacité de voir le monde tel qu’il est et de le penser pour qu’il soit meilleur demain.

La CFDT Cheminots vous remercie pour la promotion que vous avez faite pour notre initiative constructive.

En tant que syndicat fort de son républicanisme, nous défendrons toujours votre droit d’expression pour nous contredire. Encore faudrait-il que l’exercice de votre droit d’expression ne soit pas une insulte aux intelligences individuelles et collectives par l’absence d’arguments…

Salutations syndicalistes et républicaines.




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