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Politique

« Ne pas laisser cette colère sociale à l'extrême-droite »

Comité Adama, cheminots, étudiants... et Gilets Jaunes : l’autre cortège de la manifestation parisienne

En parallèle de la place de l'Etoile et des Champs-Elysées, une seconde manifestation est partie cet après-midi de la Gare Saint-Lazare pour se diriger vers les Tuileries. A son bord, des Gilets Jaunes bien sûr, mais aussi le comité Adama Traoré, des cheminots et des étudiants donnent une nouvelle tonalité à cette mobilisation.

C’est depuis Saint-Lazare où le comité Vérité et Justice pour Adama Traoré s’était donné rendez-vous cet après-midi, que Youcef Brakni, un militant du comité et des quartiers populaires, explique les raisons de cette jonction avec la mobilisation des Gilets Jaunes. « Il faut faire apparaître dans ce mouvement des revendications claires qui luttent pour la justice sociale et contre les inégalités ». Aux côtés du comité Adama, l’Action antifasciste Paris Banlieues, ou encore Banlieues Respect sont venus délivrer un message : « en tant qu’habitants des quartiers populaires nous sommes plus que concernés que jamais par toutes les mesures inégalitaires et ultra-libérales du gouvernement de Macron ».

Ces collectifs anti-racistes expriment des revendications économiques et sociales qui rejoignent les préoccupations des Gilets Jaunes. Et, pour Youcef Brakni qui défilera cet après-midi avec Assa Traoré et l’écrivain Edouard Louis, membres du comité Adama,« s’ajoute la question du racisme et des violences policières, de ces victimes qui meurent dans les mains de la police et de la gendarmerie ». Avec le niveau de répression dont fait preuve le gouvernement contre les Gilets Jaunes, la dénonciation des violences policières sur laquelle s’est constituée le comité Adama pourrait bien trouver un nouvel écho.

Autour de ce pôle constitué à Saint-Lazare, le comité Adama Traoré donc, mais aussi le collectif de l’intergare de cheminots parisiens, formé durant la bataille du rail du printemps dernier. Ce dernier avait appelé à se joindre à la mobilisation des Gilets Jaunes « pour la défense du pouvoir d’achat, des salaires et des services publics » démembrés par le gouvernement Macron-Philippe avec la dernière réforme de la SNCF. Dès la fin de matinée, gilets jaunes et oranges se regroupaient dans le quartier des Grands Boulevards, d’abord à plusieurs centaines, puis par milliers pour tenter une percée vers les Champs-Elysées.

Après avoir longé les Grands Boulevards parisiens, les cortèges diffus de Gilets Jaunes, de cheminots, des militants des quartiers populaires avec, notamment, le comité Adama sont arrivés au niveau d’Opéra. Dans sa progression, la manifestation jaune-orange-antiraciste s’est teintée de rose, avec quelques collectifs féministes et LGBT visibles par leurs banderoles.

Plusieurs cortèges étudiants, venus du rassemblement appelé au Panthéon par le syndicat Unef, étaient là également pour faire entendre leurs voix. Remontés contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers et par les annonces concernant la remontée des frais de scolarité en Master, des Assemblées Générales ont été appelées la semaine dernière dans plusieurs universités : à Paris 1- Tolbiac, à Paris 8 Saint-Denis, ou encore à Nanterre ou l’Ecole Normale Supérieure pour les centres d’études parisiens.

Ils étaient donc des milliers de gilets jaunes, jeunes, oranges ou roses à arpenter les rues de la capitale cet après-midi, en parallèle des rassemblements place de l’Etoile et aux abords des Champs Elysées. De Saint-Lazare, aux grands boulevards, jusqu’à Opéra puis vers les Tuileries. Vers 16 heures, ce deuxième pôle de manifestants, très nombreux, a été stoppé par les forces de police qui ont inondé la rue de gaz lacrymogènes. Des manifestants sont donc entrés dans le parc des Tuileries pour échapper aux gaz.




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