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Comment le PDG de Renault veut faire un montage financier pour toucher toujours plus de millions

Le troisième PDG le mieux payé de France a encore un gros appétit : Reuters vient de révéler que Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi, avait créé un montage financier pour encore mieux rémunérer les principaux cadres du consortium, à coups de dizaines de millions d’euros.

80 millions d’euros à se partager à six

C’est l’agence de presse Reuters qui a dévoilé le montage : les financiers de l’Alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi auraient créé un projet pour verser des millions d’euros de bonus chaque année à Carlos Ghosn ainsi qu’aux cinq autres principaux managers de l’Alliance, le tout via une société de service créée spécialement pour cela et localisée au Pays Bas. En effet, l’idée consiste à retirer 8% des « synergies additionnelles » dégagées chaque année par le groupe et les verser dans une société détenue à 100% par une fondation indépendante qui reverserait ces sommes aux dirigeants. Derrière le mot « synergie additionnelle » se cachent les économies d’échelle réalisées par le rapprochement entre les trois constructeurs, des économies qui représentaient 4,3 milliards d’euros en 2016 et qui devraient représenter 5,5 milliards d’euros l’an prochain. L’idée officielle est d’« encourager les dirigeants à poursuivre les opportunités de synergies » ; en d’autres termes, si vous économisez plus d’argent sur le dos des salariés, vous prendrez votre part. Une bonne carotte, qui représenterait, pour le différentiel 2016-2017 près de 80 millions à verser dans la petite caisse des patrons véreux. Un bon moyen pour le 3ème PDG le mieux payé du CAC40 de s’enrichir encore et toujours.

Primes, actions, rémunérations : Carlos Ghosn, le PDG qui détroussait les millions des salariés

En effet, Carlos Ghosn n’en est pas à son coup d’essai en matière d’optimisation et d’enrichissement personnel. Tout d’abord, l’homme touche deux salaires, un au titre de Renault et l’autre au titre de Mitsubishi, ce qui fait monter sa rémunération annuelle [fixe] à près de 16 millions d’euros. De surcroît, il touche un troisième salaire grâce à la récente main mise de Nissan sur Mitsubishi. Mais ce n’est pas tout ! Comme tout bon actionnaire, le petit Carlos s’y connaît aussi en manipulation des stocks-options et autres valorisation d’actions : pour le Noël 2016, le PDG a exercé près de 132 000 stocks-options d’une valeur unitaire de 37,43€, pour un pactole de 6,4 millions d’euros pour se faire de jolis cadeaux le 25 décembre. Des cadeaux à n’en plus finir pour celui dont le bilan social est plus que lourd : c’est un véritable fossoyeur des ateliers qui a supprimé près de 6200 emplois depuis 2013, et qui a réussi à faire passer des accords de compétitivité qui font peser sur les salariés restant une charge de travail beaucoup plus importante. La loi du capital dans toute sa splendeur.

Crédits photo : Edwin Koo/ Singapore Press Holdings




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