Société

Tou.te.s en manifestation samedi à Paris, à 16h à Gare du Nord

Communiqué de la famille Traoré. Adama serait mort d’asphyxie

Publié le 28 juillet 2016

Le 19 juillet dernier, soit le jour de son anniversaire, Adama Traoré décédait lors de son interpellation par la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise. D’abord expliquée par un « malaise cardiaque), puis par une « infection généralisée » qui aurait subitement touché « tous les organes », la mort du jeune homme serait en fait due à une asphyxie. C’est du moins ce que révèle la contre-autopsie réalisée ce mardi à la demande des proches d’Adama qui ont pu bénéficier des conseils de familles ayant vécu des situations similaires.

Si ce nouveau rapport indique qu’il n’y a pas eu de « violences significatives », il ne fait état d’aucune anomalie cardiaque et d’aucune d’infection généralisée... ce sont pourtant les explications qui avaient prévalu jusqu’alors.

Pour les proches d’Adama Traoré, ces contradictions sont le fait de zones d’ombre qui nécessitent un éclaircissement rapide. « D’abord une crise cardiaque, après une infection et maintenant une asphyxie… que nous cache-t-on ? Que s’est-il passé ? Depuis le début, les jeunes du quartier évoquent une interpellation qui s’est déroulée de manière violente... Mon frère est mort depuis plus d’une semaine et nous ne savons toujours pas ce qui a provoqué son décès. C’est très difficile de faire son deuil dans ces conditions » a déclaré Lassana Traoré.

La famille espère que les analyses en cours permettront d’identifier les mécanismes qui ont conduit à cette asphyxie et que l’enquête fera toute la lumière sur cette affaire. Une troisième expertise a d’ailleurs été demandée par leur avocat, Me Zajac. Nous devrions en savoir plus dans les jours qui viennent.

En attendant, les proches d’Adama Traoré appellent à un très large rassemblement ce samedi 30 juillet à 16h à Gare du Nord (Paris). « Il ne faut pas que la mobilisation s’essouffle. C’est important que les gens continuent à réclamer avec nous vérité et justice pour Adama. C’est tombé sur notre quartier, sur notre frère, mais ça aurait pu toucher bien d’autres familles... et ça en a déjà touché plusieurs d’ailleurs ; des familles avec lesquelles nous sommes en contact et dont l’expérience nous a beaucoup aidés. Faut qu’on soit ensemble » a précisé Assa Traoré.

La famille a d’autant plus besoin de soutien que, ces derniers jours, plusieurs menaces de mort ont été envoyées à leur domicile. Une plainte a été déposée.