Jeunesse

Etat d’urgence et loi travail

Communiqué des étudiants et personnels de Rennes 2 : « Nous demandons l’amnistie pour nos quatre camarades ! »

Publié le 30 mai 2016

Alors que l’escalade répressive du gouvernement et de sa police n’ont cessé de toucher plus particulièrement la jeunesse depuis le début de la mobilisation, la jeunesse rennaise a été plus particulièrement touchée. Quatre étudiants ont notamment été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel pour une banale altercation, à la suite de la manifestation contre la loi travail, avec un tenancier de restaurant. Nous relayons ci-dessous le communiqué des étudiant-s et personnels de Rennes 2, opposé-e-s à la loi travail, qui exigent l’amnistie immédiate des quatre étudiants condamnés ce vendredi par le tribunal correctionnel. Une pétition est à signer en ligne.

Le vendredi 27 mai 2016, deux étudiants de Rennes 1 et deux étudiants de Rennes 2 ont été condamnés à des peines de prison ferme (d’un à trois mois) par le juge du tribunal correctionnel de Rennes, et transférés immédiatement à la prison de Vezin.

Leurs casiers judiciaires étaient pourtant absolument vierges. Et les faits qui leur étaient reprochés mineurs : une banale altercation, sans gravité aucune, la veille, à la suite de la manifestation contre la loi travail, avec un tenancier de restaurant qui se permettait d’apposer dans son établissement des affiches à l’humour ouvertement sexiste – voire, pour certains d’entre eux, la simple possession de marqueurs dans leurs sacs. Si de telles peines sont absolument délirantes, les rationalités de cette « justice » ont, elles, le mérite d’être claires : ces jeunes étudiants ont été enfermés, parce qu’il leur a été reproché de nuire « sans motif légitime, aux commerçants du centre-ville ».

Une fois de plus, le tribunal de Rennes a donc instruit un procès politique, visant à faire payer à ces quatre étudiants le « malaise », la « déprime », la « lassitude » des commerçants du centre-ville du fait de la mobilisation contre la loi travail et son monde, qui dure depuis près de trois mois.

Ces peines absolument disproportionnées à l’encontre de ces quatre étudiants constituent une nouvelle étape dans la dynamique de répression en cours contre le secteur militants rennais, qui a conduit notamment la justice à inculper vingt militant-e-s pour « association de malfaiteurs » à la suite d’une simple et inoffensive opération de « métro gratuit » jeudi 19 mai, et la préfecture de Rennes a cherché à empêcher préventivement, à deux reprises, un militant politique d’exercer son droit de manifester à Rennes, en recourant à loi de 1955 relative à l’état d’urgence.

Étudiant-s et personnels de Rennes 2, opposé-e-s à la loi travail, nous exigeons l’amnistie immédiate des quatre étudiants condamnés ce vendredi par le tribunal correctionnel.

Pour signer la pétition, c’est ici.

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