Société

Une polémique de plus lancée par la "fachosphère"

Concert annulé pour Black M à Verdun. La fachosphère fait plier le PS

Publié le 14 mai 2016

G. Gorritxo

L’occasion était trop belle pour l’extrême droite. Black M, un « rappeur » invité à chanter pour la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun ! Quoi, quel déshonneur pour « nos morts » de la première guerre !

C’est d’abord le site identitaire « fdesouche », non content d’ailleurs de s’être fait voler la vedette par les « stars » du FN, qui a lancé la polémique, en citant des extraits de morceaux de l’artiste, qui seraient censés justifier son assimilation à un fou de Daesh, comme le répète d’ailleurs Marion Maréchal Le Pen dans son communiqué. La « perle » pour eux, est une phrase parlant de la France comme d’un Etat de mécréants (ou non-croyants, selon les traductions). C’est tout ce qu’ont trouvé les fachos, sur l’ensemble des paroles du chanteur (Paroles dont nous ne nous faisons évidemment pas les défenseurs, et à plusieurs titres, nous y reviendrons), pour en faire un dangereux terroriste.

Toujours est-il qu’avec le rejet massif de la loi travail, la rupture massive et sur la gauche de la base du PS, le Front National et l’extrême droite n’ont pas beaucoup de sujets à se mettre sous la dent. Et 2017 approche... En cela, la tentative ridicule de l’Etat d’acheter la jeunesse en lui offrant un concert gratuit de Black M à Verdun, était à saisir pour Philippot et compagnie. Etat qui s’est d’ailleurs débiné rapidement en voyant enfler la polémique, en rejetant le bébé dans les bras du maire de Verdun, pourtant PS, Samuel Hazard, qui lui, dit avoir été lâché par l’Etat (plus précisément, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants, et la Mission des centenaires).

En réalité, ce que dénonce le FN, c’est d’abord le « choix d’un rappeur » (qui par ailleurs s’appelle BLACK M), pour faire honneur à « notre France », entendre : celle de l’Armée, des forces de l’ordre, etc. (sachant que pour eux : rappeur = anti-flic = Daesh). Cette France-là n’est pas la nôtre : comme l’écrivait Trotsky en 1934 dans Où va la France : « la France…, pour nous, n’est ni la Bourse, ni les banques, ni les trusts, ni le gouvernement, ni l’état-major, ni l’Eglise - ceux-là sont les oppresseurs de la France -, mais la classe ouvrière et les paysans exploités ». Et pour ce qui est de la dénonciation des propos homophobes, le Front National est pour le moins mal placé pour les dénoncer. Nous préférons les dénoncer nous-mêmes, nous qui avons manifesté contre les « Manifs pour tous ».

Et si Black M avait pu se défendre comme un rappeur...


Les néophytes s’attendaient peut-être à une riposte musclée ? Un morceau ? 2-3 punchlines bien senties ? Quelque chose de subversif ?

C’est mal connaître le chanteur de variétés que Black Mesrimes est devenu. Plus rien de subversif dans son flow, Big Black M s’est adouci. Les « blacklines » n’ont plus le punch de 2010, et dans son dernier album, le dangereux « rappeur » chante et rechante de douces comptines commerciales.
Où est passé celui qui n’écrivait « pas pour la bourgeoisie qui boit du champagne », qui assurait que « t’en verras pas deux comme Black M » ? Au contraire, aujourd’hui, des comme lui, il y en a mille.
En fin de compte, c’est peut-être ça le pire. Qu’un « rappeur » soit devenu tellement commercial et fade qu’il ne puisse plus se défendre lui-même des attaques ridicules des fachos. (Mais à sa décharge, dans son morceau « A l’Ouest », lui revendique ses origines guinéennes sans avoir besoin de les opposer à « la France » par exemple).

Bref, avant de finir comme Renaud, qu’il retourne à « l’école des points vitaux » !

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