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Débats

Paris

Conférence et soirée internationaliste réussie contre l’état d’urgence et la guerre

Le weekend du 5 et 6 décembre a eu lieu la deuxième conférence de la Fraction Trotskiste - Quatrième Internationale (FT-QI) avec la participation de militant-e-s du Courant Communiste Révolutionnaire (CCR) du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), de Clase contra Clase de l'Etat espagnol et du groupe RIO d'Allemagne. Samedi soir, 350 personnes sont passées à la soirée internationaliste organisée par Révolution Permanente et le CCR du NPA.

Près de 150 militant-e-s et sympathisant-e-s ont pris part à la conférence de la FT-QI en Europe dans le contexte de l’Etat d’urgence imposé en France par le gouvernement Hollande et son offensive guerrière, derrière laquelle se rangent plusieurs dirigeants de l’Europe du capital.

Des courants de l’extrême-gauche européenne comme le Parti Communiste des Travailleurs (PCL) d’Italie, le courant Anticapitalisme et Révolution, ainsi que la Fraction l’Étincelle du NPA étaient présents en tant qu’observateurs à cette conférence. De plus, une salutation spéciale pour la conférence a été adressée par les camarades de l’OKDE-Spartakos de Grèce.

Lors de la première journée de discussion, le débat a été organisé autour d’un document sur le bilan et les perspectives à huit ans du début de la crise capitaliste. Un autre document a permis de poser la discussion autour de la situation politique après l’humiliation de la Grèce par la Troika, et notamment après les attentats réactionnaires du 13 novembre à Paris. La discussion a porté sur les nouveaux phénomènes réformistes et les perspectives pour les révolutionnaires internationalistes en Europe.

Des dizaines de militant-e-s des trois groupes ont pris la parole, et notamment un grand nombre de camarades jeunes qui sont intervenus autour de sujets complexes, sur la politique européenne et internationale, sur la crise capitaliste, les principales contradictions géopolitiques et les débats de l’extrême-gauche.

A la fin de cette première journée, l’ensemble des présent-e-s ont fait le déplacement jusqu’à un quartier populaire de Saint Ouen, où était appelée une soirée internationaliste et un concert, autour de mots d’ordre pour faire face à l’offensive guerrière et aux attaques contre les libertés démocratiques que le gouvernement tente d’imposer avec l’Etat d’urgence.

Cette soirée est une donnée politique et a constitué un franc succès, malgré le fait qu’elle a dû être organisée dans des conditions difficiles, quelques jours à peine après que plus de 300 activistes et militant-e-s de gauche et d’extrême-gauche aient été arrêté-e-s par la police, Place de la République, pour avoir participé aux manifestations contre la COP21. Plus de 300 personnes ont participé à cette activité, en suivant avec enthousiasme les interventions qui ont été faite depuis la tribune, en discutant de politique au bar ou en agitant des slogans contre la guerre impérialiste, l’état d’urgence et pour développer un mouvement anti-impérialiste en France, en Allemagne et dans l’Etat espagnol et d’autres pays d’Europe.

Joe Molina, ouvrier licencié de Panrico et militant de Clase contra Clase ; un travailleur et délégué du personnel d’Amazon à Berlin, et un autre militant parisien du CCR, arrêté dimanche dernier par la police française avec des centaines de personnes à Place de la République, ont pris la parole pour raconter leur expérience de lutte.

Des salutations vidéo diffusées à la soirée ont été envoyées par Nicolas Del Caño, député national pour le PTS dans le Front de Gauche et des Travailleurs (FIT) en Argentine, et par Andrea D’ Atri, animatrice du courant féministe Pan y Rosas de ce même pays. Les camarades Marco Ferrando du PCL italien et Gaël Quirante du courant Anticapitalisme et Révolution du NPA ont également pris la parole.

Après une première partie du concert du groupe Les Zapatriotes, Santiago Lupe de Clase contra Clase, Stefan Schneider du groupe RIO et Daniela Cobet du CCR ont pris la parole et ont appelé tous les présents à continuer la lutte contre l’offensive guerrière et l’Etat d’urgence, et à déployer une campagne anti-impérialiste offensive parmi les jeunes, les femmes et les travailleurs dans chaque lieu de travail et d’étude. Dans le même temps, Daniela Cobet a appelé les organisations d’extrême-gauche présentes à la soirée et d’autres comme l’extrême-gauche grecque à prendre en charge la tâche de mettre sur pied un grand Plan Internationaliste contre l’Europe du capital et la guerre. Son discours a fini avec l’Internationale dans plusieurs langues.

Les mots d’ordre politique, l’agitation et les applaudissements ont laissé place à la fête, avec une deuxième partie de concert des Zapatriotes, et une ambiance d’enthousiasme et de camaraderie internationaliste.

La Conférence a continué dimanche où les débats ont été repris et poursuivis autour des tâches des révolutionnaires européens dans cette nouvelle situation, marquée par l’offensive guerrière des états et un tournant à droite des régimes politiques, ainsi que la faillite des nouveaux projets réformistes comme Syriza et Podemos.

Au cours des nombreuses interventions, nous avons pu constater que malgré l’importante offensive réactionnaire, le tournant autoritaire est loin d’être consolidé et si nous sommes conséquents, il est possible de dialoguer avec des milliers de jeunes, de travailleurs et d’étudiants, mécontents de la situation à laquelle nous mènent les gouvernements capitalistes de l’Europe forteresse. En ce sens, la conférence a réaffirmé la nécessité de développer un grand mouvement contre la guerre et les attaques contre les libertés démocratiques, spécialement dans la jeunesse.

Le débat sur les questions de genre d’un point de vue marxiste a également pris une place importante, avec l’idée d’approfondir cette question lors des prochaines réunions des groupes européens, et en partant des avancées que nous avons pu faire d’ores et déjà dans l’élaboration et l’intervention des camarades des trois pays au sein du mouvement féministe. Il s’agit d’une question stratégique pour la construction de groupes révolutionnaires.

Pour finir, nous avons discuté la nécessité de renforcer la collaboration entre les quotidiens Révolution Permanente, Klasse gegen Klasse et Izquierda Diario et le réseau international de quotidiens de la FT-QI, qui nous permet de dialoguer avec des centaines de milliers de jeunes, travailleurs et femmes à partir de nos idées et à travers le monde.