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Aujourd’hui à Berlin

Conférence pour « démocratiser l’UE ». Varoufakis tente de rejouer un Plan A

Aujourd’hui à Berlin, Yanis Varoufakis, l’ex-ministre des Finances grec, fera son come-back politique, en lançant son parti paneuropéen et anti-austérité, le Mouvement pour la démocratie en Europe 2025. Les objectifs s’avèrent ambitieux, un plan à 10 ans pour in fine « démocratiser l’UE », rien que ça. Damien Bernard

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Avec ses compagnons de route, l’ancien ministre des finances d’Alexis Tsipras doit présenter, à la Volksbühne de Berlin - un célèbre théâtre - une réponse en quatre étapes censées aboutir, au bout de dix ans, à la formation d’une nouvelle Union Européenne, plus « démocratique ». Après l’échec du « Plan A » en Grèce, c’est en quelque sorte, la réédition de la même partition avec des variantes.

Montebourg plante Varoufakis au dernier moment

Du bilan de la crise grecque, Mélenchon, accompagné dans un premier temps de son compagnon de route Varoufakis, avait tiré « le Plan B ». Fin janvier, avait lieu la conférence, censée lancer la grande dynamique en Europe d’une rupture avec les politiques « austéritaires » grâce à de multiples « Plans B ». Varoufakis avait décliné l’invitation en catastrophe, pour « problème de calendrier ».

Autant dire, que l’ex ministre des finances avait bien d’autres affaires en cours, comme lancer « DIEM25 » (pour Democracry in Europe Movement 2025), sa nouvelle plate-forme de propositions paneuropéenne. Mais Mélenchon, n’est pas le seul à faire face aux désistements de dernière minute. Cette fois-ci, c’est Arnaud Montebourg qui plante Varoufakis au dernier moment.

L’ex ministre du développement productif, qui avait accueilli Varoufakis à la dernière Fête de la rose, a décliné l’invitation, comme bon nombre de « tête d’affiche ». En effet, Montebourg est bien plus occupé à préparer la sortie de son nouveau livre « l’Alternative Arnaud Montebourg » face au « sarkhollandisme », préparant sa potentielle candidature aux présidentielles.

Un plan pour « démocratiser l’UE »

À contrario de la conférence du « plan B », où deux lignes politiques claires s’affrontaient, entre « la gauche du plan B », partisans de la sortie de la zone euro, et la droite, rêvant d’un « euro démocratisé », le nouveau mouvement politique de Varoufakis laisse peu de marge de manœuvre aux débats et verse d’ores et déjà des propositions précises et concrètes.

Résumées dans son manifeste de six pages, celles-ci s’organisent en deux temps. A court terme, le document propose un programme d’urgence qui vise d’une part à « démocratiser » l’Union Européenne dans l’année, à travers la transparence totale sur les prises de décision, avec, pour exemple, le suivi en direct sur internet des réunions des technocrates européens. Il vise, d’autre part, à la définition d’un paquet de mesure pour « européaniser », sur la base d’une « ré-interprétation créative des traités », quatre secteurs stratégiques : la dette publique, le secteur bancaire, le niveau des investissements et l’augmentation de la pauvreté.

Sur le plus long terme, le manifeste propose des pistes pour sortir de l’impasse en dix ans, le tout adossé à un calendrier d’exécution. La mesure phare consiste à redessiner le paysage institutionnel européen, à travers « une assemblée constituante composée de représentants élus sur des listes transnationales ». Cette assemblée serait alors habilitée « à écrire la future constitution démocratique qui remplacerait l’ensemble des traités existants d’ici dix ans. » D’ici à 2025 se profile l’entrée en vigueur des décisions adoptées par l’Assemblée constituante.

Sur fond de vague « européiste », un plan A « remastérisé » se profile

A la désinflation salariale imposée par les politiques « austéritaires » des différents gouvernements de la zone euro, le Plan A avait pour objet de négocier « l’austérité » dans le cadre de l’union monétaire. Cette variante, proposée par Varoufakis, vise, à travers la constitution d’une assemblée constituante transnationale, à réformer l’Union Européenne, la plaçant elle et ses structures technocratiques, comme principale adversaire à la « démocratie », donc aux politiques « austéritaires ».

Varoufakis à la manière de Mélenchon, évacue de fait que ce sont les pays du centre européen qui sont au premier titre responsables de ces politiques, la coordonnant eux-mêmes ensuite au niveau européen.Surfant sur le nouveau rebond des plus européistes, avec le possible accord de gouvernement PSOE-Podemos, de l’autre côté des Pyrénées, il tente désormais de lancer cette initiative européenne qui consiste en une réédition de la partition du « Plan A » avec des variations.

Du bilan de la crise grecque, certains, dont l’Unité Populaire en Grèce, ont tiré la leçon de la nécessaire sortie de la zone euro, pour faire face aux politiques austérités imposées par la Troika et les créanciers. Varoufakis, pour sa part, persiste et signe la réforme démocratique de la zone euro pour mettre fin aux politiques « austéritaires ».

A la différence du « Plan B » qui visait la réforme en dehors de la zone euro, cette variante néo-réformiste du « Plan A » vise la réforme utopique de l’Europe du Capital. Mais ni Plan A, ni Plan B, le seul plan qui vaille c’est le Plan I comme internationaliste, un plan contre l’Europe du capital et les fausses solutions nationales.

Varoufakis revient sur le devant de la scène, un succès ?

Une soixantaine d’orateurs, universitaires et politiques, seront présents à Berlin. « Nous lançons le mouvement partout en Europe le même jour », explique Varoufakis, heureux de revenir sur le devant de la scène. L’initiative de Varoufakis fera-t-elle tâche d’huile, ou tombera-t-elle à plat ? A suivre aujourd’hui.


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