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Politique

Le pouvoir d'achat, merde, il n’y a pas que ça dans la vie...

Conseil d’un député LREM aux pauvres : ne comptez pas vos sous, il y a plus important dans la vie !

Bruno Bonnell, député LREM plus prompt à squatter les plateaux télés que les bancs de l’Assemblée (19 présences à la Commission des Affaires étrangères – réunie 52 fois au 30 janvier), a tenu rappeler aux pauvres leur priorité : avant de compter ses sous il faut... profiter de la vie !

Tout débute sur RMC le vendredi 9 février, lorsque Charles Consigny – chroniqueur RMC qu’on soupçonne peu de gauchisme – soutient que les mouvements de foule autour du Nutella et des couches Pampers, en promotion à Intermarché, était un problème de déficit de pouvoir d’achat.

C’est à ce moment que Bruno Bonnell se met littéralement à dérailler, répliquant à Charles Consigny : « Je suis content que vous posiez cette question parce qu’on n’entend que ça, le ’pouvoir d’achat’ ! Comme si la vie se résumait au pouvoir d’acheter. »

Effectivement, si la vie ne se résume pas au pouvoir d’acheter, force est de constater que tout, pourtant, commence par là. Car si le député semble capable de se nourrir d’idéologie, il faut rappeler, comme le fait Marx dans l’Idéologie Allemande, que « pour vivre, il faut avant tout manger et boire, se loger, se vêtir et maintes choses encore. »
Loin de se réduire à une question subsidiaire, la question du pouvoir d’achat est en réalité la plus fondamentale des questions afin de ne pas se contenter de survivre mais de vivre une vie vraiment humaine. Question d’autant plus fondamentale pour les neufs millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France et pour qui la question du pouvoir d’achat représente effectivement une question de (sur)vie – neuf millions de personnes sur qui crache donc ouvertement Bruno Bonnell du haut de sa suffisance abjecte de parasite qui se nourrit, lui, de l’exploitation d’autrui.

Moins avare de sa sagesse que de mesures visant à élever le pouvoir d’achat des françaises et français, Bruno Bonnell poursuit sa leçon aux pauvres : "Je voudrais aller un peu plus loin que ça car c’est important. En France, les gens sont soignés, ils peuvent aller à l’école, vous n’avez pas de trous sur la route... Si vous vous contentez de regarder uniquement l’argent qu’il y a dans la poche des gens et que vous vous définissez par rapport à ce pouvoir d’achat, par ce pouvoir d’acheter, vous oubliez quelque chose d’autre qui est la qualité de la vie."

C’est tout trouvé : pauvres de tous pays, cessez donc de regarder vainement le fond de vos poches (vides), nourrissez-vous des richesses enfouies dans vos cœurs et même, pourquoi pas, à la façon des plantes et de notre député (aussi actif qu’une plante verte à l’Assemblée) : nourrissez-vous d’air et de soleil !

C’est en tout cas ce que semble proposer Bruno Bonnell à toutes les personnes précaires, ces misérables gueux si occupés à racler les fonds de tiroir pour survivre qu’ils ne prennent même plus le temps de profiter de la vie dans toute sa merveille : contempler le miroitement d’un rayon de soleil chatoyant dans une flaque d’eau au moment de pointer au Pôle Emploi en plein hiver ; flâner le nez en l’air dans les allées du Restos du Coeur au moment de récupérer sa ration de la semaine pour survivre ; sautiller gaiment sur place dans un appartement vide lorsque, une fois les meubles saisi, vous n’avez plus de quoi payer l’électricité.
Autant de façons simples et économiques pour profiter de la « qualité de vie » tant vantée par notre député.

Mais le sommet de l’outrecuidance est atteint lorsque Bruno Bonnell, interrogé par FranceInfo quant à ses absences répétées à l’Assemblée, les justifiait en affirmant que : « Ce n’était pas mon moment ».

Une chose est certaine en revanche : le moment est venu de renvoyer à la figure des bourgeois les multiples crachats et affronts essuyés par toutes les franges dominées et exploitées de la population. L’ignominie semble, pour les députés de LREM, être devenue une véritable routine. Massacrant tout à tour toutes les franges les plus précaires de la population – migrants, chômeurs, femmes, jeunes, retraités, et ceux, encore, ciblés par la répression (sous toute ses formes) pour leur couleur de peau – toute une population subit quotidiennement les affronts répétés d’une bourgeoisie qui, semble-t-il, a officiellement remplacé la chasse à courre par la chasse aux pauvres.

Contre ces affronts répétés, il est plus urgent que jamais d’identifier l’ennemi commun et le frapper ensemble pour l’ébranler. Car au-delà de l’infamie des propos tenus par Bruno Bonnell, toutes ces violences, mises bout à bout, culminent vers le même visage : celui, souriant et bien frais, du VRP en chef de la startup nation, Emmanuel Macron – qui n’en finit plus de dépouiller les pauvres de leur pouvoir d’achat pour augmenter toujours plus celui de ses amis les riches.

Crédits photos : PHILIPPE DESMAZES / AFP




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