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Politique

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Contrats aidés. Un maintien nécessaire, des titularisations indispensables

Après avoir provoqué un tollé, le gouvernement rétropédale sur la question des contrats aidés, qu’il ne s’agirait plus « d’abandonner ». Pourtant, c’est bel et bien vers un plan de licenciement massif que le gouvernement s’achemine.

Suppression de 149 000 emplois, mais seulement pour 2017

149 000. C’est le nombre de contrats aidés purement et simplement supprimés pour la seule année 2017. Un plan de licenciement de grande ampleur donc, et ce alors, ironie de l’histoire, que les bénéficiaire de ces contrats aidés sont… les chômeurs de longue et de très longue durée.

Muriel Pénicaud, qui avait jugé ces contrats « coûteux » et « inefficaces » pour lutter contre le chômage, estimant sans doute que la suppression de 150 000 postes était une politique efficace pour générer des emplois, a dû légèrement rétropédaler face au tollé généré par l’annonce de ces suppressions d’emplois, tout du moins sur la forme :« Il ne s’agit pas de supprimer les contrats aidés, mais d’en optimiser l’efficacité en les ciblant en priorité vers les bénéficiaires les plus éloignés du marché du travail et là où ils sont indispensables à la cohésion sociale et territoriale de notre pays ». Le premier ministre également est venu jouer les pompiers de service, notamment au sujet des colonies françaises, en déclarant que « les Outre-mer sont préservés car il y a une spécificité qu’il faut prendre en compte ». Un discours de façade pour faire avaler une pilule qui a du mal à passer, autant dans les associations que dans les collectivités territoriales, principaux touchés par cette baisse drastique de l’aide de l’État. D’ailleurs, très rapidement après la séance d’enfumage, Edouard Philippe n’a pas hésité à rajouter qu’il y aurait « nettement moins de contrats » en 2018.

L’éducation, l’administration locale, le sport et la culture, secteurs les plus touchés

Le gouvernement n’a pas poussé l’indécence jusqu’à remettre en cause publiquement les aides permettant l’accompagnement des enfants handicapés… pour 2017 ! Certes.

Il n’en reste pas moins que les secteurs visés dès cette année touche aux activités sociales et culturelles en général. Ou pour le dire autrement, à des secteurs « non rentables » ou pas assez rentables du point de vue libéral, ou du moins pas encore investis par le capital. C’est ainsi que l’éducation (auxiliaires dans les écoles, animateurs de centres etc.) sera en première ligne, tout comme les activités des administrations locales, le sport et la culture. Indirectement, ce sont donc les services publics qui sont visés, ce qui au vue des velléités du gouvernement en la matière n’est guère étonnant. C’est également l’accessibilité à des activités de loisirs pour les enfants des classes populaires qui est rendu (encore) plus difficile.

Pour le maintien des contrats aidés… et leur titularisation pour lutter contre la précarité

Sur tous les plans, l’attaque du gouvernement contre les contrats aidés est une attaque contre les plus précaires : ceux qui travaillent et ceux qui bénéficient des activités liées à ces contrats. C’est également une attaque contre le service public et le milieu associatif, du point de vue de ceux qui y travaillent et des usagers. La revendication du maintien de ces contrats est donc une nécessité absolue. Mais la question de la titularisation également.

En effet, les bénéficiaires de ces contrats aidés sont d’ores et déjà plongé dans la précarité, avec des salaires souvent inférieur au SMIC ou frôlant le seuil de pauvreté. Ainsi, il est à la fois nécessaire pour se battre pour leur non-suppresion, mais il est aussi indispensable d’exiger la titularisation de tous ces contrats en CDI, payé à taux horaires équivalant à celui de tous les travailleurs, sans aucune rémunération en-dessous du SMIC.

Il s’agit-là de la seule voie possible pour que les contrats aidés soit une véritable sortie de la précarité pour les chômeurs de longue et très longue durée. Ce serait également une nécessité, pour les organisations syndicales, de défendre cette perspective pour consolider, au niveau des branches et des secteurs d’activité, l’unité entre les salariés, indépendamment de leurs statuts, dont nous avons tant besoin aujourd’hui pour affronter ce gouvernement et le Medef.

[Crédit illustration : Faujour]




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