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Notre classe

Grève dans la santé

Contre la casse de l’hôpital public au nom de l’austérité : mobilisation nationale le 7 mars.

Dernière en date des réformes de l’hôpital public, la loi Touraine de janvier 2016 rend obligatoire la formation de Groupements Hospitaliers Territoriaux (GHT). Sous l’acronyme, il y a une réalité : regroupement d’établissements à marche forcée, fermetures de services qualifiés de « doublons » à l’échelle d’un territoire, suppressions d’emplois, avec les effets que l’on sait sur l’accès à des soins de proximité pour les patients et l’aggravation des conditions de travail déjà très difficiles pour les personnels. Philippe Muller

La loi Touraine qui réforme l’hôpital public s’inscrit dans la continuité des précédentes : pour se mettre en conformité avec les injonctions budgétaires initiées par le pacte de responsabilité et dans la logique de l’austérité qui en découle, l’hôpital public est contraint de s’aligner sur un calcul coût/rentabilité, en totale contradiction avec la mission de service public qui est la sienne. Mais c’est justement cette mission qui est dans le viseur des lois qui se succèdent : comment un régime capitaliste débridé pourrait-il tolérer que des sphères d’activité continuent de lui échapper ? La question du financement est désormais réglée avec la tarification à l’activité, immense usine à gaz qui a pour principale conséquence de plomber la sécurité sociale. Reste le principe de fonctionnement, organisé autour de l’accès aux soins pour tous et toutes, qui doit être définitivement écarté.

L’une des perspectives ouvertes, en effet, par l’ensemble des réformes de ces dix dernières années, portées par des gouvernements de droite comme de gauche, c’est de parvenir à harmoniser le mode de financement du secteur public et celui du secteur privé en les mettant en concurrence alors que ni leurs coûts respectifs ni leurs activités ne sont comparables. L’objectif, à terme, n’est autre que celui de justifier la privatisation de l’ensemble du secteur de santé. Il s’agit en fait de rendre impraticable l’exercice de la médecine et des soins dans le cadre de l’hôpital public, tant en termes de conditions de travail (qui sont déjà désastreuses comme les inombrables témoignages de personnels le montrent) qu’en termes de budget de fonctionnement. C’est la logique de l’entreprise, du profit et de la productivité, qu’on fait subir au secteur, en se donnant le prétexte de sa « modernisation », alors qu’en réalité il s’agit de briser une à une les sphères du service public qui prétendent échapper à cette logique : c’est la raison pour laquelle la mobilisation nationale du 7 mars doit concerner l’ensemble des secteurs du service public, qui sont déjà ou seront bientôt visés directement par ces impératifs de normalisation entrepreneuriale.

Dans le contexte des présidentielles qui s’ouvrent, avec des programmes qui promettent d’adapter encore plus les services publics et les budgets à l’impératif d’austérité, il est plus que jamais nécessaire d’organiser des luttes globales pour faire front ensemble contre la marchandisation à tout va de la société et des services publics. Et puisque cette logique s’autorise des nécessités budgétaires, il faut faire valoir nos propres nécessités : l’égalité d’accès aux soins pour tous et toutes, la reprise en main par les salariés de la sécurité sociale et les conditions de sa pérennisation, l’amélioration des conditions de travail dans tous les secteurs. La mission de service public comme la sécurité sociale sont des acquis de nos luttes passées et doivent être rendues à la société, et mises au service des besoins de la population. Nous ne renoncerons pas, de l’argent il y en a ! Il faut imposer par la lutte qu’il soit mis au service de la société plutôt qu’au profit des patrons, des actionnaires ou de leur État.

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