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Politique

A quand le tou-te-s ensemble ?

Contre le danger de la division, Philippe Poutou appelle à construire l’unité par en bas

Pour la journée du 21, Philippe Poutou appelle à construire l'unité et une mobilisation qui se donne les moyens de gagner.

Salut à toutes et tous
Demain c’est la deuxième journée de mobilisation intersyndicale contre les ordonnances Macron et pour la défense de nos droits de salarié(e)s comme de l’ensemble des protections sociales. L’idéal serait que cette journée soit plus forte que la première pour permettre l’amorce d’un véritable mouvement de contestation, un mouvement de grève qui vise à bloquer l’économie, pas juste marcher dans les rues.

On sait tous qu’une, deux ou trois journées de mobilisation, même réussies, cela ne suffira pas à faire reculer le gouvernement. L’enjeu est bien au-dessus, c’est celui de transformer le climat social, c’est que note camp social, celui des exploités et des opprimés, retrouve confiance dans ses forces, que nous osions protester, exprimer notre colère. Alors c’est clair qu’on a intérêt à réussir la journée de demain, c’est important pour la suite, pour le moral donc pour notre détermination à continuer.
Mais on a un problème encore, avec les politiques des confédérations ou des fédérations syndicales ou encore des dirigeants de la gauche politique. On assiste à un jeu lamentable et dangereux de l’éparpillement et de la division. Il y a évidemment les directions syndicales qui appellent à la mobilisation et celles qui n’y appellent pas, comme toujours le front syndical est fissuré dès le début. En plus, il y a plusieurs journées d’action appelées séparément pour les fonctionnaires (10/10), pour les routiers (25/09), pour les retraités (fin septembre), pour les métallo (13/10), etc ... La Cgt par exemple est capable d’appeler à plusieurs de ces journées sans lien les unes avec les autres. Et puis côté politique, il y a l’incapacité ou le refus de construire unitairement. Il y a bien sûr cette manifestation de FI (avec Mélenchon), certes tout le monde est invité à y venir (c’est sympa) mais la volonté de construire ce rendez-vous, comme les autres après, de manière unitaire, collectivement, avec l’ensemble des forces politiques, syndicales, associatives, sociales qui sont disponibles. Résultat ça cafouille, ça se dispute et forcément ça nous fragilise.

La solution et l’espoir c’est que la colère pousse d’en bas, que la mobilisation surprenne par sa force et impose ainsi à l’unité par en bas si elle ne vient pas d’en haut, qu’elle pousse à ce que tout le monde s’entende. On a besoin de cette force d’en bas pour réussir enfin à construire une mobilisation profonde qui change le rapport de force. La colère existe vraiment, le ras le bol de la situation est réel parmi la population, donc il y a largement la possibilité de stopper le gouvernement et d’imposer à nouveau le progrès social. Ce serait dur de gâcher ça.

Philippe

[Crédit photo : Le Populaire du Centre]




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