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Politique

Nouveaux reculs

Convention chômage : les derniers coups tordus de El Khomri

Le mouvement contre la loi travail avait interrompu les négociations paritaires sur la convention chômage. Celles-ci ont donc recommencé en 2017, et le patronat a réussi à obtenir de nouveaux reculs, avalisés par tous les syndicats sauf la CGT.

Crédits photos : Reuters

Ce sera la dernière signature d’El Khomri contre les droits des travailleurs, à trois jours du second tour de l’élection présidentielle : la ministre du travail a signé la nouvelle convention d’assurance chômage, issue des négociations paritaires de mars derniers, durant lesquelles le patronat et les syndicats CFTC, FO, CFDT et CFE-CGC ont trouvé un « compromis » sur le dos des plus précaires. Seule la CGT n’a pas signé la dite convention, expliquant que «  le chantage du Medef, soutenu par certains candidats à la présidentielle, se traduit par un sacrifice des droits des privés d’emploi  ». Les représentants de la CGT avaient expliqué que «  le sauvetage du paritarisme ne peut être le prétexte à la signature d’un texte contre les femmes, les travailleurs précaires et les seniors  ».


Une convention « anti-femmes, anti-vieux, anti-précaires »

En effet, si le patronat, représenté par le Medef, s’est réjoui de la signature d’un accord, l’examen de celui-ci reflète qu’il est avant tout un nouveau recul pour les chômeurs. Tout d’abord, pour les précaires, car la nouvelle formule de calcul devrait aboutir à une nouvelle baisse des allocations pour les plus précaires : ce sont « des baisses de 200 euros par mois dans certains cas pour des salariés en CDD, en intérim ou à temps partiel » dénonce la CGT. De surcroit, l’accord supprime la surtaxation des contrats courts obtenue en 2013 et renvoie cette mesure à des négociations de branches, qui seront surement plus hypothétiques que réalisées.

En outre, les seniors sont aussi visés : auparavant, les chômeurs de plus de 50 ans bénéficiaient de 36 mois d’indemnisation (contre 24 mois normalement) ; avec la nouvelle convention, les seniors seront moins bien indemnisés. De 50 à 53 ans, ils passeront à 24 mois d’indemnisation, avec un versement de 500 heures de formation sur le Compte Personnel de Formation. De 53 à 55 ans, ce sera 30 mois avec aussi 500 heures de formation. Au delà de 55 ans, ce sera 36 mois comme auparavant. Un très bon moyen pour le patronat de réduire d’un an la durée d’indemnisation pour de très nombreux chômeurs, d’autant plus qu’on sait que les seniors retrouvent plus difficilement du travail.


Un chantage au déficit de l’UNEDIC

Pour obtenir la signature de l’accord, l’Etat a fait tout simplement un chantage envers les organisations syndicales : en expliquant que l’assurance chômage affichait une dette de 30 milliards d’euros, l’Etat exigé près de 900 millions d’économies par an aux organisations paritaires. De plus, la nouvelle convention commence à remettre en cause de façon insidieuse la mensualisation des droits sociaux : l’accès à l’assurance chômage ne dépendrait plus du nombre de jours sous contrat, mais du nombre de jours travaillés. La convention doit rentrer en application le 1er octobre ou le 1er novembre suivant les clauses de la négociation.




Mots-clés

Myriam El Khomri   /    Pierre Gattaz   /    Medef   /    CGT   /    Chômage   /    Politique