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Retour des tensions

Corée du Nord : tir de missile au-dessus du Japon

Les menaces de Trump, qui avait promis « le feu et la colère » à la Corée du Nord en cas d'attaque nucléaire, ne semblent pas avoir intimidé le régime de Pyongyang, bien au contraire. La Corée du Nord s'est livrée à un tir de missile balistique au-dessus du Japon pour montrer sa détermination face aux États-Unis. La situation de crise ouverte depuis l'investiture de Trump s’approfondit encore davantage.

crédits photo : AHN YOUNG-JOON / AP

La veille du tir de missile balistique au-dessus du Japon sur une distance de 2700 kilomètre, le régime nord-coréen n’avait pas mâché ses mots pour réponde à la rhétorique guerrière de Trump qui avait promis « le feu et la colère » en cas d’agression. La Corée du Nord avait, en effet, proféré des menaces contre l’île américaine de Guam, située dans le Pacifique, et déclenché la colère du président américain. En ce 28 août, La République populaire démocratique de Corée a directement menacé de « noyer la totalité des États-Unis » s’ils mettaient à exécution leur menace d’une guerre d’agression. Le pays hostile aux États-Unis depuis la guerre de Corée en 1950-1953 faisait ainsi valoir son droit à l’auto-défense contre une menace extérieure. L’ambassadeur nord-coréen, Han Tae-Song, a ainsi déclaré que le régime « continuera à renforcer ses capacités de défense avec la puissance nucléaire aussi longtemps que les États-Unis maintiendront leur menace nucléaire et les manœuvres militaires ».

Depuis des années, la Corée du Nord tente de se doter d’un arsenal nucléaire et balistique de longue portée pour se défendre contre les États-Unis. En 2017, le régime a procédé à près de 17 lancements de missiles balistiques dont la portée s’avère être plus grande que ce que les spécialistes avaient anticipé. La Corée du Nord est désormais presque en capacité de porter le feu nucléaire sur la côte ouest des États-Unis. Cette menace porte directement atteinte à la posture de Trump qui avait fait de la limitation de la puissance nucléaire nord-coréenne un de ses axes de politique étrangère. Le 29 août, le régime de Pyongyang a encore fait la démonstration de sa puissance en lançant un missile balistique au-dessus du Japon.

Les tensions que Trump croyait redescendues depuis le pic atteint au début du mois ont été ravivée immédiatement. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe s’est inquiété d’une « menace grave et sans précédent » suite au survol de l’archipel nippon par un missile nord-coréen, ce qui n’était pas arrivé depuis 2009. Le gouvernement japonais s’était préparé au pire en interrompant les trains et en invitant la population menacée par le tir à s’abriter. Suite à cet épisode, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence. La Chine et la Russie, pourtant soutient de la Corée du Nord dans la bataille diplomatique qui les oppose à Séoul, Tokyo et Washington, ont souligné la gravité de la situation et la « tendance vers une escalade » des tensions. La Chine a profité de l’occasion pour rappeler que « les pressions et les sanctions » contre Pyongyang « ne peuvent fondamentalement résoudre le problème ».

Les tensions que cristallise la Corée du Nord dépassent largement le conflit latent qui oppose Pyongyang à Séoul depuis plus d’un demi siècle. Elles sont le révélateur d’une guerre d’influence dans la région, notamment en mer de Chine, qui oppose l’influence américaine à celle en pleine expansion de la Chine. Les provocations nord-coréenne visent directement à tester le leadership américain dans la région et sa capacité à répondre à la crise.




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