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Politique

Moralisation de la vie politique ?

Côte d’Or. Un candidat En Marche soupçonné d’escroquerie, une enquête est ouverte

Didier Martin, candidat pour La République En Marche dans 1ère circonscription de la Côte d’Or, est soupçonné d’avoir poussé des salariés de l’office de tourisme dont il était président à produire de faux témoignages pour virer la directrice. Une énième affaire qui fait tâche pour le camp Macron après l’affaire Ferrand.

C’est le journal régional L’Accent Bourguignon qui a révélé l’affaire : le candidat LREM pour la première circonscription de la Côte d’Or, qui couvre une partie de Dijon, aurait poussé les salariés de l’Office de tourisme dont il était directeur à produire des faux témoignages pour mettre à la porte la directrice d’alors, Eleonore Lanet, qui a été licenciée en 2015. Celle-ci a donc porté plainte contre son ancien président, lui reprochant « d’avoir influencé des salariés de l’Office à rédiger des attestations en vue de consolider son dossier » de licenciement devant les Prud’hommes. Evidemment, Didier Martin nie tout en bloc, tandis que le parquet de Dijon s’est refusé à faire tout commentaire.

Cependant, c’est bien le parquet qui a ouvert une enquête préliminaire pour escroquerie contre le candidat du parti du nouveau président de la République. Pourquoi le président de l’Office de tourisme aurait cherché à licencier cette directrice gênante ? D’après la principale intéressée, qui avait été embauchée en 2008, ce serait à cause des signalements qu’elle avait émis à propos « d’agissements étranges » du président de l’Office, notamment à propos « de nombreuses notes d’hôtels et de restaurants [qui] interrogent, réglées avec la carte bleue de l’Office du tourisme, donc de l’argent public  ». Le candidat de la République en Marche, investi par un mouvement qui n’a pas arrêté de marteler son discours sur la probité, aurait-il détourné de l’argent public pour ses propres loisirs ? En tout cas, chez En Marche, la Commission Nationale d’investiture n’a pas été saisie de son cas.

Le parti qui a tenté de surfer sur les affaires Fillon et Le Pen pour s’autoproclamer le parti de la « moralité » est donc encore une fois, après l’affaire Ferrand, mis en cause pour les agissements de ses candidats. Alors qu’avant l’élection de Macron selon un sondage Ipsos-Sopra, près de deux Français sur trois disaient que la première qualité d’un président devait être son honnêteté, la recrudescence des affaires diverses chez les membres du gouvernement Philippe ainsi que chez les candidats LREM a de quoi montrer toute l’hypocrisie du nouvel exécutif et de ses fanfaronnades sur la « moralisation de la vie publique ».

Crédits photos : PATRICK KOVARIK / AFP




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