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Notre classe

« Leur combat est le nôtre »

Coup de gueule d’une usagère à l’attention de Guillaume Pépy

Nous relayons le post facebook de Manu Dona qui, en recevant une lettre de Guillaume Pépy, a souhaité lui adresser sa réponse d'usagère.

Crédits Photo : Pascal Colé

Hier, Pépy m’a écrit car il paraît que je suis une cliente déçue qui mérite toutes les attentions.
Alors comme ça m’a fait chier, la rage m’a pris et je lui ai répondu. Bon OK il ne me répondra pas, ça ne sert à rien donc...enfin si ! ça défoule !

Bonsoir Monsieur,

Vous vous permettez de m’écrire alors que je ne vous ai rien demandé.
Je me permets donc de vous répondre.

Je ne suis en rien concernée par vos gesticulations sémantiques.

Pourquoi ?

Parce que je ne suis pas une cliente. Je suis une usagère du service public ferroviaire que je défends d’arrache pied avec les salariés actuellement en grève.

Vous avez autant de respect pour l’usagère que je suis que pour le service public ferroviaire que vous tentez de laminer, que pour les salariés que vous méprisez, que pour le réseau que vous détruisez.

Vous ne vous préoccupez de moi que les jours de grève. Moi ce sont tous les autres jours que j’exige un engagement de votre part, des effectifs suffisants, des trains à l’heure, le respect des cheminots, l’entretien des voies. Mais pour ça il faudrait être un Homme.

Hier encore un de vos salariés a mis fin à ses jours. C’est de ça dont vous auriez du me parler aujourd’hui, de ce que vous ferez pour le réhabiliter, de ce que vous ferez pour sa famille, de ce que vous ferez pour ses collègues demain, de ce que vous ferez pour que ça n’arrive plus jamais. Peut-être même auriez-vous pu présenter des excuses. Que vaut donc la mort d’un homme ?

Ne perdez pas votre énergie à tenter de décrédibiliser l’action des cheminots grévistes.

Leur combat est le nôtre à tous.

Ils défendent un modèle hérité de vrais hommes et de vraies femmes, résistants, porteurs de progrès social, défendeurs d’un modèle dont vous sucez les os jusqu’à la satiété. Vous vous enrichissez de ce modèle.

Vous aimeriez que cette grève cesse ? Donnez leur satisfaction. En attendant, j’étais, je suis et je resterai solidaire de leur combat quoi qu’il arrive.

Si j’osais, je vous dirais que j’espère que leur mouvement de protestation va se durcir, et qu’ils crieront si fort que vous ne pourrez rester sourd à leurs demandes.

Vous voulez nous offrir un vrai cadeau, quittez ces fonctions dont vous n’êtes pas digne Monsieur.

Quant à votre vision de "l’esprit de votre mission de service public", gardez-la pour vous, les cheminots la connaissent mieux que personne et c’est bien pour cela qu’ils sont en grève en ce moment.

Nous en avons assez de votre mépris de classe, de votre servitude à un système que nous refusons.

Votre obstination m’a fait rire, aujourd’hui elle me fait pitié.

Vous n’êtes qu’un homme, rien en somme.

De passage.

Vous auriez pu faire de grandes choses, vous avez profité de votre statut pour en faire de toutes petites, de bien basses œuvres.

Je sais pour ma part où sont les grands Hommes, ils sont actuellement porteurs d’un gilet rouge où il est écrit CGT cheminots dessus.

Avec mes sentiments appropriés




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