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Genres et Sexualités

Vers un #MeToo dans le football ?

Cristiano Ronaldo accusé de viol invoque la "fake news"

Cristiano Ronaldo, 34 ans, star du ballon rond collectionnant les trophées depuis maintenant plus de 15 ans, a encore brillé ce week-end en inscrivant un but face à l'Udinese, célébré comme à l'accoutumée. Rien ne laissait transparaître de la panique en coulisses, suite aux accusations de viol à l'encontre du joueur.

C’est bel et bien une tornade qui s’abat sur la star depuis quelques jours. Kathryn Mayorga, une américaine de 34 ans, a récemment porté plainte contre Cristiano Ronaldo pour un viol qu’il aurait commis le 13 juin 2009 dans un Hôtel de Las Vegas, ainsi que pour l’avoir fait signer sous pression un accord financier afin qu’elle garde le silence. Dimanche, le joueur réfutait ces accusations via son compte Instagram au travers d’une vidéo dans laquelle il dénonce des « fake news » destinées à lui nuire.

Chaque jour apportant son lot de révélations, Der Spiegel, le journal allemand ayant révélé l’affaire, a publié dimanche des images de l’accord signé entre les deux parties. Un montant de 375 000 dollars y est mentionné pour acheter le silence de la victime. D’autres détails parsèment l’accord, à l’image d’un test VIH effectué par la star de la Juventus de Turin afin de rassurer la plaignante, confirmant par la même une relation sans protection. Utilisant dans le document le pseudonyme de « Topher » pour préserver son anonymat, le document n’en est pas moins signé de la griffe de Cristiano Ronaldo. Ce document n’a pas été réfuté par les avocats du joueur, « attestant de son authenticité », d’après Der Spiegel.

Au cœur de la tourmente, l’attaquant star, véritable marque mondialement connue voit ses sponsors s’inquiéter, en plein malaise face aux révélations du quotidien allemand. La société Nike, sponsor de Ronaldo depuis 2003 dans ce qu’ils présentent comme un « contrat à vie », a déclaré jeudi être « profondément préoccupée par les accusations » à l’encontre de son poulain. Le 5 octobre, Electronic Arts, éditeur du jeu-vidéo Fifa 19 dont il est l’une des stars en couverture, effaçait son portrait de ses images promotionnelles, avant de se rétracter et de le réintégrer à sa publicité. De son côté, la Juventus de Turin, club adoptif de l’attaquant depuis cet été, voit son action chuter à la bourse de Milan.

Leslie Stovall, avocat de Kathryn Mayorga, a indiqué avoir été contacté par une nouvelle potentielle victime du footballeur. Mme Mayorga a par ailleurs affirmé avoir eu la force de reparler de cette affaire grâce au mouvement #Metoo. Pourtant, on voit dans la défense de Cristiano Ronaldo que rien n’a véritablement changé depuis un an et le début de la vague Metoo. En effet, il est encore question dans la défense de nier la parole de la victime, de la faire passer pour une femme vénale et manipulatrice qui, pour se faire de l’argent, n’hésiterai pas un instant à "crier au viol". Ces stars toutes puissantes à l’instar de Ronaldo ont une arme en plus que les autres agresseurs : le statut de star internationale, riche et "beau gosse". Pour certains, on ne peut pas se refuser à un si "bel homme" symbole de la virilité toute puissante, pour d’autres, si on couche avec lui c’est pour mieux le menacer et obtenir un arrangement pécunier.

Grâce à Kathryn Mayorga peut être que l’omerta sur les agressions sexuelles et le viols mettant en cause le milieu du football se fissurera et permettra à d’autres d’élargir la brèche, pour qu’enfin les stars ne se sentent plus intouchables.




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