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Monde

La chasse aux migrants

Croatie : Quand la police tire sur les migrants et blesse deux enfants

Mercredi dernier, deux enfants migrants – tous les deux âgés de douze ans - ont été blessés par balles, alors que des policiers ont ouvert le feu sur une camionnette transportant une trentaine de personnes, principalement originaires d'Irak et d'Afghanistan. Si la Croatie applique une politique de plus en plus répressive envers les demandeurs d'asile, c'est bien l'Europe tout entière qui s'élève en forteresse face à l'immigration.

Il ne se passe pas une semaine sans que la presse n’aborde la question des réfugiés en Europe. Mais c’est bien de situations déplorables « d’accueil » ou de répression dont elle fait état, à l’image de ces deux mineurs blessés en Croatie mercredi soir. En provenance de Bosnie, les deux migrants de douze ans, l’un Afghan et l’autre Irakien, ont été blessés grièvement après que la police croate a ouvert le feu sur le véhicule qui les transportait. Gravement blessés par balle, les enfants migrants ont été hospitalisés à Zadar dans le sud de la Croatie. Ils seraient "dans un état stable", selon les médias locaux.

La Croatie fait partie de la « route des Balkans », empruntée des centaines de milliers de fois par des hommes et des femmes fuyant la guerre, la faim et les sanctions politiques diverses. Fermée depuis 2015 par l’Union Européenne, elle continue à être foulée par les réfugiés – principalement originaire du Moyen Orient. La Croatie n’a pas manqué d’intensifier ses contrôles aux frontières, tout en menant une vraie chasse aux sorcières au sein du pays. De multiples associations ou ONG pointent du doigt le manquement des autorités croates envers la législation internationale (renvois de réfugiés sans proposer de procédure d’asile par exemple). Et, depuis juin 2017, les migrants se voient refuser un accès aux besoins les plus primaires – et donc fondamental pour la dignité humaine, avec l’interdiction d’accès au logement, à la santé ou à la nourriture (1).

Pourtant, à plus grande échelle, c’est bien le métronome européen qui bat son rythme répressif depuis septembre 2016 – en tout cas dans ses positions officielles. En effet, le 16 septembre 2016, l’ensemble des pays de l’Union Européenne se sont réunis pour la première fois autour de la question des migrants/demandeurs d’asile. La question de la sécurité aux frontières a été centrale. Celle de l’accueil des réfugiés a été sciemment mise au pilori.

La France, elle, continue de s’engager dans cette course, comme l’ont prouvé Emmanuel Macron et Gérard Collomb, plus que tentés par des réflexes d’extrême-droite avec la « Loi Asile & Immigration ».

(1) Croatie. Rapport 2017-2018. Amnesty International (https://www.amnesty.org/fr/countries/europe-and-central-asia/croatia/report-croatia/)

Crédits photos : Illustration. © Belga




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