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Société

Nouvelles interdictions de manifester

D’un gouvernement autoritaire à l’autre

En cette fin de campagne présidentielle au taux d’abstention record, plus de soixante militants se sont vus recevoir de la part de la police de nouvelles interdictions de manifester, pratique déjà beaucoup utilisée lors des manifestations contre la loi travail.

Le gouvernement Hollande, droit dans ses bottes pour contrer la grogne sociale qu’a provoqué ses lois anti-sociales, fait donc le boulot jusqu’au bout, pour tenter de réprimer toute voix dissidente.

Dans sa passation de pouvoir au futur gouvernement Macron, nous n’avons donc aucune illusion sur l’autoritarisme dont la bourgeoisie aura besoin pour faire passer son plan de casse sociale, n’hésitant pas à criminaliser les militants pour mieux les réprimer. Notons tout de même l’élargissement de ces arrêtés à une partie des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste, symptôme d’un nouveau cadre de répression qui viserait, avec les soi-disant « casseurs », les militants d’extrême gauche organisés.

Nous reproduisons ici l’un des motifs évoqués par l’arrêté préfectoral qui illustre parfaitement cet autoritarisme au vocabulaire orienté :

Considérant que Mr ***** , militant actif de l’ultra gauche, a participé à de nombreuses reprises aux manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de réforme du code du travail, que ces manifestations ont dégénéré en troubles graves à l’ordre public, et notamment des affrontements violents avec les forces de l’ordre ; que des groupes d’individus masqués et portant des casques sont systématiquement à l’origine de ces désordres ; qu’il y a dés lors lieu de penser que Mr ***** répondra à l’appel de la mouvance contestataire radicale pour participer aux actions violentes annoncées ; que compte tenu de ces éléments, il y a lieu d’interdire sa présence dans les lieux où devraient se tenir ces violences...

Comme on voit, une mesure complètement antidémocratique qui « punit » la participation (potentielle) d’une personne à des « crimes » qui n’ont pas (encore) eu lieu. Une situation digne d’une pièce de théâtre surréaliste. Et pourtant c’est bien la réalité de leur « démocratie ».

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Mots-clés

Manifestation   /    Etat d’urgence   /    Répression   /    Société