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Monde

Au lendemain de la tuerie

Daesh revendique l’attaque à Londres

Au lendemain de l'attaque de Londres, Daesh a revendiqué la tuerie. Alors que l'identité de l'auteur a été divulguée, les déclarations se sont succédé tout au long de la journée, avec une prédominance du discours appelant au« tout sécuritaire ».

Crédit photo : James Gourley/Shutterst/SIPA

Ce jeudi, les autorités britanniques ont divulgué l’identité de l’auteur de l’attaque à Londres, qui a fait 4 morts (dont l’assaillant) et une quarantaine de blessé. Khalid Masood, un Britannique de 52 ans, était donc au volant du 4X4 qui a renversé de nombreux piétons sur le pont de Westminster, puis attaqué le parlement britannique muni d’un couteau avant d’être abattu. Si très vite de fortes suspicions quant à une attaque de Daesh ont fleuri, c’est l’organisation terroriste elle-même qui a confirmé être à l’origine de l’attentat en ce lendemain de l’attaque.

Si de nombreuses personnalités politiques avaient immédiatement dénoncé une attaque contre la démocratie, le concert de déclarations s’est amplifié. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères a ainsi dénoncé une « attaque contre le cœur de la démocratie » après s’être hâté de se rendre à Londres pour porter un « message très fort pour dire non à ceux qui veulent tuer la démocratie ». Drapeaux en berne dans les principales villes occidentales, rassemblement à Londres ou encore Tour Eiffel éteinte en mémoire des victimes, l’heure était au recueillement… et aux déclarations à l’emporte pièce.

Le fils de Donald Trump aura réussi à surpasser Marine Le Pen en termes de récupération politique de l’événement, dans un tweet profondément raciste et mensonger. « C’est une blague ? ! Les attaques terroristes font partie de la vie des grandes villes, déclare le maire de Londres Sadiq Khan. » a ainsi déclaré le fils du président américain, dans la droite lignée de la tradition paternelle en matière de communication approximative, voire mensongère. Sauf que Sadiq Khan avait déclaré « Le risque terroriste fait partie de la vie des grandes villes […] Il faut être préparé et vigilant, avoir des forces de police proches des gens, des services de sécurité prêts à agir, mais aussi échanger nos idées et nos bonnes pratiques. », ce qui en soi est différent du morceau choisi par Donald Trump Junior, mais qui, en outre, date de septembre 2016… lors de l’attaque à la bombe à New York. Une attitude qui a révolté Wes Treeting, un député britannique qui a répondu au fils Trump : « Vous utilisez une attaque terroriste contre notre ville pour attaquer le maire de Londres à vos propres fins politiques. Vous devriez avoir honte. »

Nous ne sommes pourtant qu’au début des interprétations en tout genre, visant in fine au renforcement du tout sécuritaire. Alors que la police britannique a affirmé que Khalid Masood a agit seul, 7 personnes ont été interpellées, sans plus de détails pour l’instant. De plus, l’armée est toujours présente dans les rues de Londres, et ce malgré le fait que, à l’instar de l’état d’urgence en France, les solutions sécuritaires de militarisation de l’espace public semblent tout à fait inefficace. « Nous restons debout, ensemble, face à ceux qui menacent de détruire notre mode de vie. Nous l’avons toujours fait et nous le faisons toujours » a ainsi déclaré le maire de Londres, laissant entrevoir l’idée d’un renforcement sécuritaire et ne remettant absolument pas en cause l’interventionnisme britannique dans la coalition, qui meurtrit le Moyen-Orient, alimentant un terreau fertile aux réseaux terroristes comme Daesh. Une ligne politique qui mène donc à une escalade de violence, qui se répercutera, comme toujours, sur les populations qui n’ont rien à voir avec leurs guerres, mais qui compte leurs morts.




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