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Monde

La face cachée du contrôle des chômeurs

Danemark : Un chômeur peut être arrêté à l’aéroport s’il part sans prévenir

Une enquête de Franceinfo sur le système de contrôle des chômeurs au Danemark, souvent érigé en modèle par les gouvernements libéraux, montre le quotidien très contraignant et humiliant des demandeurs d’emploi. Obligés de postuler deux fois par semaine, les chômeurs sont souvent contraints d’accepter une offre d’emploi non-conforme à leurs qualifications et à leur expérience, et souvent loin de chez eux. Le système de contrôle va jusqu’à remettre partiellement en question la liberté de mouvement puisqu’il est possible de se faire arrêter si l’on tente de partir sans prévenir. Maximiser la disponibilité des demandeurs d’emploi, les pousser à accepter n’importe quelle offre défavorise l’ensemble des travailleurs face à leurs patrons.

Les modernisations réactionnaires des systèmes de prise en charge de la demande de travail

Cette enquête de France Info permet de comprendre à quel genre de modernité Macron fait référence quand il tente de s’en faire le chantre au travers des multiples réformes conservatrices déjà amorcées au courant des six premiers mois de son mandat. En effet, le Danemark et son système de prise en charge de la demande de travail apparaissent aux yeux des gouvernements pro-patronaux de gauche, de droite et de la diagonale comme un modèle. En réalité, la baisse du taux de chômage par ce biais a comme revers une fragilisation de la condition des chômeurs et même des travailleurs, puisque les chômeurs qui retrouvent du travail sont souvent forcés d’accepter des offres qui ne conviennent pas à leurs qualifications ou à leur situation géographique, sans parler des souffrance morales qu’ils endurent pendant leur période de chômage.

Le véritable objectif du patronat : la flexibilité et non le plein emploi

Le contrôle des chômeurs, voulu de longue date par le patronat, n’a pas pour objectif réel de faire baisser le chômage mais d’augmenter la flexibilité, c’est-à-dire la souplesse avec laquelle une personne peut trouver un emploi…mais aussi le perdre. Or il ne faut pas s’y méprendre, augmenter la vitesse de rotation des travailleurs n’est pas à leur avantage. La flexibilité ne sert que de façon très illusoire les intérêts des travailleurs. Le système Danois le montre. Embaucher facilement passe par l’abaissement du niveau de protection des chômeurs. Obligation de candidature, baisse du temps de versement des allocations, plafonnement des indemnités, mobilité forcée en cas d’embauche mais immobilité forcée en situation de chômage etc. L’embauche est fondamentalement un rapport de force, si la patron embauche facilement c’est aussi parce que le travailleur résiste difficilement, faute de garanties, aux conditions scandaleuses d’emploi que proposent les patrons. En définitive la flexibilité de l’emploi fonctionne comme un puissant levier pour détériorer les conditions de travail et faire pencher le rapport de force en la faveur du patronat. Que le chômage baisse ou qu’il augmente n’est pour lui qu’affaire de politique et d’opinion, son seul et unique but est de faire pression sur les conditions de travail pour exploiter au maximum les travailleurs.




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