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En plein "Pénélope Gate"

Dans le Nord, 450 personnes ont été privées du RSA. Mais qui sont les véritables assistés ?

Ce 9 février, les médias ont annoncé que 450 personnes bénéficiant du RSA (soit environ 470euros) avaient été temporairement suspendues de leur droit, dans le Nord. La raison ? Les allocataires ne se seraient pas inscrit à Pôle Emploi. Une politique qu'avait promis Xavier Bertrand lors de son élection à la tête de la région Hauts-de-France, celle de la traque aux "abus". Cependant, le "Pénélope Gate" - et autres péripéties politiques de la période - amène à poser une question : "Mais qui sont les véritables assistés ?" Julian Vadis

Sur les réseaux sociaux, une image a particulièrement fait sensation depuis le début de l’affaire de l’emploi présumé fictif de Pénélope Fillon. Surmontée du message "En langage de droite", l’image contient seulement deux phrases : 500€ = assistés ; 500 000€ = assistants. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la politique menée par Xavier Bertrand, conseiller Régional Les Républicains dans la fraîchement nommée région Hauts-de-France, illustre à merveille la pertinence du message des réseaux sociaux.

Oh, bien sur, s’il "ne s’agit pas de dire que l’allocataire du RSA est l’ennemi du département du Nord" pour Olivier Henno, vice-président chargé de l’insertion du dit département, "on ne peut pas donner d’aides en aveugle" prédisant que " demain, si l’allocataire sanctionné s’inscrit à Pôle Emploi ou s’il demande un contrat d’engagement réciproque, il retrouvera immédiatement ses droits au RSA" . La sanction temporaire de 4 mois semble assez floue, s’il s’agit de retrouver ses droits au lendemain d’une inscription à Pôle Emploi. Une tournure de phrase qui semble de plus assez peu sincère, puisque quiconque devant faire des démarches au Pôle Emploi sait en quoi les procédures peuvent durer plusieurs semaines. Mais l’essentiel est ailleurs, le discours vise avant tout à stigmatiser ceux qui seraient assistés et ne chercheraient pas d’emploi. La droite à la tête de la région a commencé la traque aux "profiteurs", celles et ceux qui vivent sur le dos de l’État, dans un luxe qui ne dépasse pas les 500€ ...

Sauf qu’à l’heure ou le champion de la droite et du centre est englué dans une affaire d’emploi fictif, cette manœuvre éhontée a le même effet que les excuses de Fillon : ça fait « pshiiit ». Et en cette période ou les masques tombent, sur fond de crise organique, les véritables "profiteurs" apparaissent plus nettement. Les "femme de", "mari de" et "enfant de" qui, sous couverture du titre de collaborateurs parlementaires, s’octroient de confortables salaires sans possibilité de contrôle (puisque, comme nous l’a si explicitement expliqué Fillon lui-même, seul les députés ont la possibilité de commander et surveiller ces travaux). Mais que dire des représentants les plus charismatiques des classes dominantes, dont les affaires fleurissantes se transmettent sur le seul critère du sang ? Les Bettencourt, ou Liliane touche plus d’une centaine de milliers d’euros par heure depuis ... toujours. La fameuse famille Muliez, dont Auchan fait les beaux jours ou bien encore les Lagardère. Bref, la liste des profiteurs du travail des travailleurs, réussissant grâce à leurs ascendants, est longue comme la liste des casseroles des Fillon, Sarkozy et Balkany réunies.

Les bénéficiaires du RSA qui ont omis de contacter le Pôle Emploi ne sont pas les affreux marginaux vampirisant l’ensemble de la société. Personne ne peut vivre décemment avec moins de 500 euros par mois. Les profiteurs sont ailleurs. Ils sont celles et ceux qui se rassemblent dans les grands palais, à l’occasion d’événements tels que l’Université d’été du MEDEF par exemple, pour dicter la politique à mener à leurs laquais, qui eux non plus ne sont pas en reste.




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