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Politique

Le gouvernement au service des puissants

Darmanin contre l’amendement « Lactalis » pour mieux protéger les patrons tricheurs

Ce jeudi, l'amendement « Lactalis » incitant les entreprises à publier leurs comptes annuels a été rejeté à l'Assemblée Nationale. Si le gouvernement a indiqué qu'un tel amendement pourrait être inclus dans une autre loi, il s'agit de noyer le poisson pour Philippe et ses sbires.

Crédits photo : PRM/SIPA

Alors que le scandale Lactalis bat son plein, une série de députés de différent groupes (Constructifs, France Insoumise, MoDem, PCF et PS) ont proposé un amendement visant à sanctionner plus sévèrement les entreprises qui ne publient pas leurs comptes annuels. Ce que l’on appelle « amendement Lactalis », car l’entreprise laitière est coutumière de cette pratique, a été rejeté en commission et Gérard Darmanin a même demandé son retrait pur et simple.

Conscient qu’une telle position serait difficilement tenable en plein scandale Lactalis, le gouvernement a signifié que le contenu de l’amendement pourrait trouver sa place dans une autre loi. Mais l’objectif est bel et bien de préserver en l’état le texte instituant le fameux « droit à l’erreur » pour les entreprises. En effet, c’est dans le cadre de ce texte que l’ « amendement Lactalis » était proposé. En d’autres termes, il s’agit, pour Edouard Philippe et ses ministres d’une défense sans vergogne d’une réforme faisant l’unanimité au sein du grand patronat français car elle leur donne les coudées franches pour mieux tricher… en toute légalité.

Une première plainte contre l’État dans le cadre du scandale Lactalis

Cette annonce d’amendement rejeté tombe au mauvais moment pour le gouvernement. En effet, la première plainte contre l’État dans le cadre de l’affaire Lactalis a été déposée par une famille d’enfant intoxiqué. D’après un article du Monde, la plainte, déposée ce mercredi 24 janvier au Tribunal de grande instance de Paris, vise deux organismes de l’État pour complicité d’« administration de substances nuisibles aggravée ». Dans le cadre de cette affaire, ce sont au total une douzaine de plaintes qui ont d’ores et déjà été déposées.

Le scandale Lactalis est donc loin d’avoir connu son épilogue, et ce nouvel épisode est particulièrement éclairant sur le rôle d’un État qui défend les intérêts du grand patronat même dans la tempête. Car, au-delà de la multinationale laitière, Leclerc, Casino, Système U, Carrefour, Intermarché, Auchan et Cora sont aussi touchés. En effet, ces grandes entreprises ont tardé à retirer les articles Lactalis de leurs rayons, intoxiquant 35 nourrissons à la mi-janvier.




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