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Notre classe

Contre les licenciements boursiers

De Toulouse à Porto, les travailleurs de Linde Gas en lutte pour sauver leurs emplois

Les travailleurs de Linde Gas, à Portet-sur-Garonne, sont en grève pour sauver leurs emplois. Une lutte qui prend un caractère international, puisque des travailleurs de l’entreprise à échelle européenne sont concernés.

Ce n’est pas la première fois que les travailleurs de Linde Gas à Portet-Sur-Garonne non loin de Toulouse sont menacés par la main financière qui plane sur leur entreprise. En 2015 déjà, une mobilisation et une grève continue avaient permis d’arracher la simple conservation d’une partie des emplois. Aujourd’hui, et déjà depuis près d’une semaine, c’est une mobilisation de bien plus grande ampleur qui prend place pour les salariés qui refusent à la fois la restructuration de l’entreprise et les velléités de leur mise en concurrence avec les travailleurs étrangers.

De véritables licenciements boursiers. C’est l’actuel projet de la firme Européenne qui, du fait des aspirations à la fusion technique avec le groupe américain Praxer forme la restructuration de ces emplois à l’échelle nationale et européenne. Alors que celle-ci menace, en France seulement, près de 160 emplois sur 740 à court terme, l’entreprise versait déjà en 2016 près de 20 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires !

On peut imaginer que l’équivalent profit de l’entreprise de cette année sera encore plus élevé que celui de l’année 2016

À Toulouse, les personnels menacés sont essentiellement des centres de service que Linde a préféré remplacer, sous la stratégie devenue habituelle du Dumping Social par des centres placés à Porto au Portugal, où les salaires sont trois à quatre fois moins élevés. Dans une logique financière dévastatrice comme à son habitude, l’ultralibéralisme se décide à supprimer des emplois en culpabilisant les salariés : par manque de compétitivité, ceux-ci seraient remplacés par les salariés moins chers d’Europe.

On a pris conscience qu’ils travaillaient dans des conditions horribles en prenant contact avec nos homologues de Porto

Une voie qu’ont refusé les travailleurs à travers tous les sites du pays. Pour la première fois, l’ensemble des sites, alors que certains n’avaient pas suivi la mobilisation en 2015, se sont décidés à mettre en place une grève continue et illimitée. À Toulouse, l’intersyndicale (CFDT, CGC et CGT majoritaire à 60%) a porté d’une seule voix l’arrêt du travail pour près de 95% des salariés. C’est une véritable expérience de mobilisation que vivent ces travailleurs pour conserver leurs emplois. Une grève non seulement consciente de ses capacités sur la durée mais qui revêt aussi un aspect internationaliste en refusant la mise en concurrence par-delà les frontières. Comme l’explique le représentant CGT Stephane Cabrillac du site Toulousain, cette restructuration et la lutte pour leurs emplois qui en a découlé a amené les travailleurs de différentes filiales européennes à se rencontrer et à se concerter. Leur rencontre notamment avec les salariés Barcelonais, portugais ou encore hollandais fait office de tout premier contact aussi direct avec leurs homologues pour organiser collectivement la lutte pour la protection de leurs emplois au-delà des frontières.




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