^

Politique

Réprimer plus pour gagner plus

De l’argent il y en a… Le gouvernement offre des primes de 300 € aux forces de répression

La stratégie de la peur adoptée par le gouvernement a un coût. Alors qu’une centaine de milliers de policiers et de gendarmes sont mobilisés depuis des semaines pour faire taire par la force les Gilets Jaunes, une fronde commence à monter de leur côté pour obtenir encore plus de moyens humains et financiers. Une colère a laquelle le gouvernement a répondu illico presto.

Crédit photo : Thomas Lo Presti - VDNPQR

Les 111 000 policiers et militaires mobilisés pour réprimer violemment les Gilets Jaunes – entre autres – vont bénéficier d’une prime de 300 euros. Le gouvernement a expressément demandé à ce qu’un amendement, déposé aujourd’hui, complète le projet de loi de finances pour 2019, actuellement examiné à l’Assemblée pour augmenter de 33,3 millions « les crédits de la mission sécurité ».

De l’argent il y en a… pour le bras armé de l’État

Dans un contexte où des centaines de milliers de personnes défilent dans les rues et bloquent des ronds-points pour combattre la précarisation croissante de larges pans de la population, et où la seule réponse du gouvernement a été la répression violente, en plus des « 100 balles et un mars », cette annonce est d’autant plus révélatrice de la stratégie du gouvernement.

En effet, face à la demande croissante des organisations de police qui réclament plus de moyens humains, financiers et techniques, le gouvernement s’est hâté de répondre par la positive, avant même les premières dates de mobilisation prévue, en offrant cette prime aux policiers « qui n’ont compté ni leur temps, ni leurs efforts devant une situation sans précédent », selon le texte.

Et en effet, il a été clair pour des milliers de personnes que la police ne comptait pas ses efforts quand il s’agissait d’essayer de nous faire marcher au pas. En plus des milliers d’interpellés, des centaines de blessés et mutilés, des dizaines et des dizaines de vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des passages à tabac de manifestants.

Cette police, Macron en a aujourd’hui d’autant plus besoin que ses mesurettes ne calment en rien la colère sociale, et que c’est par la répression que celui-ci veut faire rentrer tout le monde dans l’ordre. Si la population désavoue massivement Macron, celui-ci ne peut pas se permettre de se mettre aussi sa police à dos. A côté de ça, les fonctionnaires, eux, pourront repasser pour avoir une quelconque prime exceptionnelle, c’est en tout cas ce qui a aussi été annoncé.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Emmanuel Macron   /    Violences policières   /    Répression   /    Politique